[Actu] Des commandes à venir

De manière fort amusante, le suivi des actualités dans le domaine militaire russe a ceci de caractéristique qu’on ne sait jamais quel lapin les responsables vont sortir de leur chapeau. Certes, les grandes lignes sont prévisibles, certaines annonces sont logiques mais il y a toujours ce côté (parfois calculé et parfois pas) où un responsable annonce une (ou des) commande(s) à venir alors que celle(s)-ci n’étai(en)t pas spécialement attendue(s). Bien évidemment, il est toujours bon de garder la tête froide face à certaines déclarations, les exemples de volte-face étant légions dans l’histoire russe contemporaine néanmoins sur la seule journée du 12 août 2020, le ministre russe de la défense, Sergey Shoigu, a fait mention de pas moins de quatre commandes sur la même journée. Les commandes annoncées, bien que pas encore signées, sont pour partie déjà officialisées sur le site du ministère de la défense de Russie.

Les annonces effectuées le 12 août font suite à une tournée d’inspection de certaines usines militaires dans la région d’Irkoutsk et de Komsomolsk-sur-l’Amour par le ministre russe de la défense et précèdent le salon militaire Army 2020 qui se tiendra du 23 au 29 août 2020; ce salon étant en général l’occasion idéale pour les responsables russes d’officialiser des commandes militaires négociées au préalable avec les constructeurs.

Les appareils et navires concernés par lesdites annonces sont les suivants:

  • Sukhoï Su-30SM2 (une nouvelle variante du Su-30SM)
  • Sukhoï Su-35S
  • Yakovlev Yak-130
  • Corvettes Steregushchiy (Izd.20380)

En outre, les premières images du deuxième Su-57 de série ont été publiées tandis qu’un reportage tourné au sein de l’usine KnAAZ durant la visite du ministre de la défense a permis de tomber sur une information intéressante relative au Su-35 à l’exportation. De manière résumée, on peut écrire qu’après plusieurs mois relativement calmes (exception faite du secteur de la construction navale russe) en matière de nouveautés, c’est une véritable avalanche d’informations et d’annonces qui eut lieu le 12 août.

Passage en revue.

Sukhoï Su-30SM2

Alors que le phénomène avait connu une forte accalmie, voilà que les industriels russes nous gratifient d’une énième nouvelle dénomination pour une variante du Su-27 Flanker; cette fois-ci il s’agit du Su-30SM2. Faisant suite au Su-30SM1 qui était la version « modernisée » et débarrassée des équipements non-russes du Su-30SM, cette nouvelle version au sujet de laquelle aucune information n’a été communiquée sera commandée à raison de vingt-et-un exemplaires dont le contrat devrait être signé durant le salon Armiya 2020.

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Le Su-30SM codé 62 Rouge est le dernier – en date – Su-30SM admis au service par l’armée de l’air russe. Image@Oleg Pavlov

Avec l’arrivée de cette nouvelle variante, le Su-30SM devrait en toute théorie se retrouver avec quatre standards différents: Su-30SM, Su-30SM1, Su-30SM2 et Su-30SMD. Gageons que ceci ne soit que temporaire et qu’une uniformisation de la flotte soit dans les cartons sinon la logistique de la flotte va vite devenir terriblement complexe. Il est vrai que le Su-30SM reposant sur le Su-30MKI créé dans le milieu des années 1990 pour l’Inde, ce dernier a donc besoin d’une sérieuse remise à niveau de son électronique embarquée ainsi que pour combler les quelques lacunes qu’il présente (absence d’un système DIRCM, par exemple). Le projet Su-30SMD déjà abordé auparavant visant à intégrer certaines technologies du Su-35S pour moderniser le Su-30SM étant bien évidemment le plus pertinent.

D’un point de vue des chiffres, les forces aériennes russes (VKS) ont acquis quatre-vingt-huit Su-30SM (dont quatre-vingt-sept sont en service, un appareil ayant été perdu en Syrie) tandis que l’aéronavale russe dispose de vingt-huit Su-30SM en commande dont vingt-deux ont déjà été livrés. Au final, avec les appareils encore à livrer pour l’aéronavale et les nouveaux appareils pour l’armée de l’air; l’usine IAZ a vingt-sept nouveaux Su-30SM(2) à produire, à ces derniers s’ajoutent les appareils pour l’exportation (Arménie, Biélorussie, Kazakhstan et Myanmar). Outre les appareils neufs; un contrat d’une valeur de 7,2 milliards de Roubles visant à assurer les révisions générales des Su-30SM sera également signé l’an prochain avec l’usine IAZ.

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Le Su-30SM codé 75 Bleu appartenant à l’aéronavale russe devrait être rejoint à l’avenir par six autres exemplaires. Image@Vladimir Syryh

La visite de Sergey Shoigu à l’usine IAZ fut également l’occasion d’apercevoir au-moins quatre Su-30MKA appartenant à l’armée de l’air algérienne (ces derniers étant identifiables grâce à leur numéro de construction) recevant ce qui s’apparente à une révision générale; vu la mention « KR » (indiquant fort probablement une « капитальный ремонт« , soit une révision générale) il ne semble pas que les appareils soient concernés par une éventuelle modernisation.

Ces deux commandes, couplées à une commande supplémentaire de Yak-130 (voir plus bas), permettront de garantir la charge de travail au sein de cette usine pendant plusieurs années.

Sukhoï Su-35S

Autre appareil important pour l’armée de l’air russe, le Sukhoï Su-35S. Ce dernier, acquis à raison de nonante-huit exemplaires (répartis en deux commandes de quarante-huit et cinquante unités), voit la dernière commande en date (datée de décembre 2015) arriver à son terme en 2020. En l’absence de nouvelles commandes pour la Russie, l’existence de la chaîne de production aurait pu être remise en cause après l’achèvement des contrats à l’export en cours (Egypte notamment). Cependant, le ministère de la défense avait déjà fait savoir à plusieurs reprises que l’armée de l’air souhaitait commander des Su-35S supplémentaires notamment pour rééquiper l’escadron 38 IAP de Belbek en Crimée ainsi que le 689 IAP de Chkalovsk (Kaliningrad).

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Malheureusement le camouflage dit « Serdyukov » arboré par le 04 Rouge que l’on voit sur la photo de ces deux Su-35S est appelé à disparaître au profit du camouflage à trois tons en dominante bleue. Image@?

Le ministère de la défense a été très clair lors de la visite de l’usine KnAAZ à Komsomolsk-sur-l’Amour: la Russie signera avant la fin de l’année une commande de Su-35S d’une valeur estimée à 70 milliards de Roubles. Sur base des chiffres des contrats antérieurs et eu égard aux prix pratiqués pour la Russie: ceci indique l’acquisition d’environ 36 (optique réaliste) à 48 appareils (optique maximaliste et peu crédible). Ce faisant, cette commande confirme donc que la Russie continue à se procurer des Su-35S en même temps qu’elle a lancé la production du Su-57.

Une nouvelle commande à l’export pour le Su-35!

Durant la visite du Ministre russe de la défense au sein de l’usine KnAAZ, une présentation lui a été faite sur les perspectives de l’usine ainsi que la charge de travail de celle-ci. De manière pour le moins surprenante, les journalistes présents sur place ont pu filmer la présentation en question ce qui a permis de mettre le doigt sur une information tout à fait inattendue: l’existence d’un nouveau contrat à l’export pour le Su-35 (sans -S puisque variante à l’export) ainsi que quelques détails relatifs à la commande égyptienne.

En ce qui concerne l’Egypte, on connaît enfin avec précision le nombre d’appareils commandés, c-à-d: trente Su-35 qui seront livrés à raison de vingt-deux appareils en 2020 (déjà cinq de livrés) et huit en 2021. Tant qu’à présent, plusieurs nombres circulaient fréquemment allant de vingt à trente-et-un Su-35 à livrer à l’Egypte. La question est donc close.

Par contre, grosse surprise: un nouveau client à l’export pour le Su-35. En effet, la présentation faite au Ministre de la défense comprenait un tableau utile où il est fait mention de deux contrats relatifs à des Su-35. Le premier au vu du volume et des années de livraisons ne porte guère à discussions et est relatif au contrat égyptien tandis que le deuxième est beaucoup plus mystérieux. Portant sur un ensemble de trente-quatre appareils à livrer en trois ans entre 2022 et 2024 (soit après l’achèvement de la commande égyptienne) et répartis à raison de douze, quatorze et enfin huit appareils. Vu le volume d’appareils à livrer, il ne s’agit pas de la commande indonésienne qui semble avoir été passée par la case « pertes et profits » vu qu’il n’en est pas fait mention dans le tableau en question.

Il reste donc à voir qui est ce « client mystère », plusieurs possibilités sérieuses peuvent être envisagées:

  • La Chine (un deuxième lot)
  • L’Algérie
  • Le Vietnam

Rien ne permet de déterminer pour l’instant qui est le candidat le plus crédible (les pays cités présentent de solides arguments pour acquérir cet appareil) même si il semble que l’Algérie soit le candidat idéal: les MiG-25 sont en fin de carrière et le Su-35 aurait déjà été testé sur place il y a quelques années. En outre, le pays ne semble pas du tout s’inquiéter d’éventuelles mesures de rétorsion dans le cadre du CAATSA en cas d’acquisition de matériels d’origine russe. Il faudra fort probablement attendre 2022 et les premières livraisons pour enfin déterminer quel pays sera le bénéficiaire de cette nouvelle commande à l’export de Su-35.

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Le slide Power Point qui résume tout: encadré en rouge, les informations relatives aux Su-35 égyptiens. Encadré en orange, les informations relatives à la nouvelle commande de Su-35.

Vu la montée en puissance annoncée de la chaîne de production du Su-57, couplée à un manque de place identifié chez KnAAZ pour le Su-57, la période 2024-2025 sera fort probablement charnière pour le Su-35(S): ce dernier cédant progressivement sa place au Su-57 avant que ce dernier ne le supplante définitivement au sein de l’usine.

Sukhoï Su-57

La visite à l’usine KnAAZ a également été l’occasion de voir l’état d’avancement de la construction du deuxième Sukhoï Su-57 de série dont la livraison est attendue avant la fin de l’année.  Les photos de ce dernier permettent d’ailleurs de voir que le radôme de l’avion semble avoir été retravaillé et présente un profil légèrement différent par rapport aux prototypes antérieurs.

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Le deuxième Su-57 de série est à un stade avancé de construction. Image@UAC Russia

Il reste à voir si il s’agit d’un test sur cet appareil, d’un cache employé au sein de l’usine pour masquer le radar où si il s’agit d’une modification qui sera généralisée à l’ensemble des appareils à venir; cette modification est surprenante puisque le premier Su-57 (qui fut perdu dans un crash en décembre 2019) n’en disposait pas pas plus que le T-50-10, dernier prototype construit servant de modèle aux avions de série.

Yakovlev Yak-130

Plusieurs informations relatives à l’appareil d’entraînement avancé russe, le Yakovlev Yak-130, produit au sein de l’usine IAZ; la première nouvelle concerne la commande de vingt-cinq Yak-130 supplémentaires destinés à la force aérienne russe, venant compléter la flotte de 107 appareils de ce type en service en Russie.

Outre cette nouvelle commande, ce sont deux images extraites de la vidéo de la visite officielle au sein de l’usine qui ont attiré notre attention: en effet, deux Yak-130 neufs destinés à l’exportation dont un exemplaire est destiné à un nouveau client: le Vietnam. Ce pays a passé commande au début de 2020 pour un nombre indéterminé de Yak-130 (on parle de 12 exemplaires) et un appareil est déjà à un stade avancé de production.

La présence du drapeau du pays ainsi que – selon les coutumes d’IAZ – l’existence d’un code constructeur spécifique (130.12.05-xxx dans le cas d’espèce) ne laissent aucuns doutes sur le fait qu’il s’agit d’un nouveau client pour le Yak-130. Chaque client à l’export du Yak-130 disposant de son code constructeur spécifique pour ses appareils, les codes constructeurs sont en outre classés en ordre chronologique ce qui permet d’identifier le nombre d’appareils produits. A titre d’exemple:

  • Bangladesh: 130.12.02-0101 à 0116
  • Myanmar: 130.12.03-0101 à 0115
  • Russie: 130.11.01-xxxx
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Le drapeau sur le flanc ne laisse aucun doute sur le destinataire de l’appareil. Au vu du numéro de construction, il s’agit du troisième appareil destiné au Vietnam. 

Autre client à l’export du Yak-130, le Myanmar. Ce pays disposait déjà de douze Yak-130 en service et attendait un nouveau lot de quatre Yak-130: au vu des images disponibles, le 15ème exemplaire ne va pas tarder à arriver puisque ce dernier est également à un stade avancé de construction chez IAZ.

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Le numéro de construction (130.12.03-0115) présent près du cockpit ne laisse aucun doute sur le destinataire de l’appareil: le Myanmar. Image@airforce.ru

Corvettes Steregushchiy (Izd.20380)

Les corvettes Steregushchiy (Izd.20380) ont été dessinées par le bureau d’études Almaz et produites au sein des chantiers navals Severnaya ainsi que le chantier naval de l’Amur. Présentant un déplacement en pleine charge de 2.200 tonnes, sa propulsion est assurée par deux groupes diesels comprenant quatre moteurs Kolomna 16D49 tandis que l’armement principal est composée par le système 3K24 Uran comprenant deux lanceurs KT-184 emportant au total huit missiles anti-navires Kh-35 auxquels viennent s’ajouter un canon A190 (100 mm), ainsi que douze VLS pour le système de défense anti-aérien 3K96 poliment-redut. A noter que les derniers navires produits ont été modifiés au niveau de la mâture principale, des radars embarqués et du système de gestion des armements, recevant des équipements issus des corvettes de la classe 20385.

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La corvette Soobrazitelny est le premier navire de série de la classe Steregushchiy. Image@Wikipedia

Six navires de cette classe sont en service au sein de la Marine Russe répartis entre la Flotte de la Baltique et la Flotte du Pacifique tandis que quatre autres navires sont à divers stades de construction au sein des deux chantiers navals chargés de les produire. Les décideurs russes avaient déjà indiqué à plusieurs reprises vouloir commander d’autres navires de cette classe et la visite au sein du chantier naval de l’Amour par le ministre de la défense a été l’occasion pour ce dernier de voir l’état d’avancement des travaux sur les navires en cours de production ainsi que de vérifier la capacité du chantier à produire six corvettes Steregushchiy supplémentaires d’ici à 2028. Une commande portant sur six navires supplémentaires sera donc signée sous peu.

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Deux corvettes Steregushchiy avec la Stoikiy à l’avant-plan et la Steregushchiy (tête de série) à l’arrière-plan. Image@?

Le délai ainsi que le nombre de navires paraît ambitieux eu égard aux capacités de production russes, néanmoins même si il devait y avoir un retard éventuel dans la construction des navires en question, la Marine Russe confirme donc le fait qu’elle opte pour la construction en série de certaines classes de bâtiments au lieu de créer des micro-séries comme ce très régulièrement le cas). Il reste à voir quel impact cette décision aura sur l’avenir des classes de corvettes dérivées que sont les Izd.20385 Gremyashchiy et Izd.20386 Merkuriy.

En conclusion

La visite du ministre russe de la défense du 12 août a donc permis à la fois de voir in situ l’avancement de plusieurs projets mais également de rassurer (?) les industriels qui voient les contrats signés durant le GPV 2011-2020 arriver à leur terme sans avoir une vue claire et précise du plan de charge pour les années à venir. Sachant que la construction d’un avion nécessite d’anticiper en préparant l’acquisition des sous-ensembles qui viendront composer ce dernier, on comprend mieux que ces annonces s’imposaient. Certes, ces questions ont été négociées au préalable mais les annonces permettent de mettre les choses au clair, il ne reste plus qu’à attendre la signature des contrats durant le salon Army 2020 ou au plus tard avant la fin de l’année.

Si l’ensemble des annonces effectuées le 12 août se concrétisent (ce qui est très probable), les équipements suivants seront contractés:

  • 21 Su-30SM2
  • 25 Yak-130
  • ~ 40 Su-35S
  • 6 corvettes Steregushchiy (Izd.20380)

Après un mois de juillet 2020 qui fut exceptionnel pour la Marine Russe au niveau des mises sur cales, on s’oriente vers situation similaire pour l’armée de l’air/aéronavale et dans une moindre mesure pour la Marine Russe. Ce faisant, l’Orient russe (et l’Extrême Orient) se voient généreusement dotés en matière de charge de travail dans le cadre du GPV 2018-2027; ceci est certainement un moyen de calmer un peu la contestation populaire en cours depuis plusieurs semaines à Khabarovsk suite à l’interpellation du gouverneur local et son remplacement par un politicien détaché de Moscou, Mikhail Degtyarev, qui était présent au premier rang durant les différentes visites effectuées.

A l’inverse, il semble que le fait de mettre le doigt sur l’information relative au deuxième contrat à l’export du Su-35 ait créé un certain remous en Russie: la vidéo dont est extraite la copie d’écran a été discrètement expurgée de YouTube (ainsi qu’un autre lien ramenant à celle-ci) et plusieurs articles de blogs russes qui en parlaient ont disparus des écrans radars. En outre, le site des appels d’offres russes est fermé jusqu’au 17/08 pour « maintenance » (il s’agit peut-être une maintenance régulière, laissons le bénéfice du doute pour le moment) et le MoD a annoncé le 14 août vouloir faire passer au stade confidentiel les informations relatives au secteur de la défense.

Sans tomber dans la paranoïa de base et/ou d’éventuelles théories du complot, le hasard n’existant pas sur cette planète; il apparaît de plus en plus clairement que la Russie ne veut pas voir la publication de certaines informations et elle n’hésite plus à employer son arsenal législatif à disposition pour faire taire de plus en plus les bloggers locaux. Certes, la position russe est parfaitement compréhensible (en ce qui concerne la recherche de discrétion) mais il est utile et nécessaire de rappeler qu’en ce qui nous concerne nous travaillons uniquement sur base de sources ouvertes (OSINT en anglais) disponibles au commun des mortels, dont nous faisons partie, pour rédiger les articles du blog. Il n’y a donc aucune indiscrétion particulière dans la publication de cette information… cette dernière ayant été affichée (et commentée!) clairement devant un parterre de journalistes et ce en présence du ministre russe de la défense « himself« ; il suffisait simplement de prendre le temps de lire ce que l’on avait devant les yeux.

Et c’est ainsi que cet article se terminera; le renforcement en cours des mesures mises en place par la Russie pour protéger le secret de ses informations est un processus en cours depuis quelques mois (« c’est le jeu« , serais-je tenté de dire) mais l’hyper-communication médiatique dont fait preuve la Russie dans le domaine militaire est également responsable de l’attrait que présente le pays: à force de communiquer sur les avancées militaires russes, la curiosité est titillée et donc il est logique de chercher à en apprendre plus sur ses questions sans faire usage d’outils particuliers si ce n’est d’un navigateur Internet. Le fait de devoir se reposer – fort probablement – plus sur les médias russes (avec les dérives que ceci peut entraîner) pour suivre les avancées militaires russes risque d’avoir un impact non-négligeable sur la qualité des informations et au final sur l’intérêt de celles-ci.