[Dossier] Le BMPT Terminator: la « garde rapprochée » des chars de combat

Occupant une niche particulière au sein des véhicules blindés, le BMPT (Боевая машина поддержки танков, pouvant se traduire par « Blindé de Combat de Soutien des Chars« ) Terminator a en effet été conçu pour pouvoir répondre à une problématique plutôt simple: protéger les chars de combats contres les différentes menaces que ceux-ci peuvent avoir à rencontrer dans des milieux qui leur sont hostiles; on pensera en premier lieu aux environnements urbains suite à la catastrophique expérience tchétchène.

Si les premiers travaux de ce projet débuteront moins d’une décennie avant le premier conflit tchétchène et malgré les nombreux et riches retours d’expérience que la Russie a connu depuis les années 1990, ce n’est que très récemment que celle-ci a décidé de passer à l’étape supérieure en commandant un premier lot d’engins; nous allons donc profiter de cette occasion pour nous intéresser de plus près à ce blindé de combat atypique.

Historique

Les prémices du concept

Le développement de ce qui adviendra plus tard le BMPT débutera dès 1986, au sortir de la Guerre d’Afghanistan. En effet, si il n’était pas encore question d’offrir une protection rapprochée aux chars de combats, ces derniers étant relativement peu employés et uniquement composés de variantes de T-55 et de T-62, le conflit afghan avait mis en exergue la faible protection des IFV (Infantry Fighting Vehicle) soviétiques BMP-1 et BMD-1 ainsi que leur incapacité à acquérir et traiter les cibles situées en hauteur du fait de l’élévation insuffisante du canon à basse pression 2A73 Grom équipant ces deux blindés -ce défaut sera corrigé avec l’apparition du BMP-2 et du BMD-2, équipés d’un canon automatique à fort débattement de 30 mm-.

Au milieu des années 80, l’URSS chercha à développer un blindé offrant une protection importante tout en ayant un armement capable de combattre avec efficacité les troupes retranchées en hauteur, c’est l’Usine de tracteurs de Chelyabinsk (aujourd’hui ChTZ-Uraltrak) qui prendra en charge les travaux de développement et mise au point de ce nouvel engin.

En 1987, la firme proposera deux prototypes (Объект 781 et Объект 782) présentant deux configurations d’armements différentes, cependant la base technique était similaire: il s’agissait alors de blindés basés sur le châssis lourdement modifié du char de combat T-72B et mis en oeuvre par un équipage composé de pas moins de 7 (!) hommes, à savoir: le commandant, le tireur, le conducteur, deux hommes mettant en oeuvre deux lances-grenades automatiques de 40 mm -si les sources parlent d’AGS-40, il est plus logique d’un point de vue temporel (le développement de l’AGS-40 Balkan n’ayant commencé qu’à partir des années 90) qu’il s’agissait des TKB-0134 Kozlik– et deux autres hommes devant mettre en oeuvre des mitrailleuses PKT de 7,62 x 54 mm en sabord.

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L’Объект 781. Photo@UralVagonZavod.

Les différences entre les prototypes concernent donc l’armement principal.

Si l’Объект 781 met en oeuvre deux canons automatiques 2A72 de 30 mm et deux mitrailleuses PKT au sein de deux modules séparés et deux (certaines sources font mentions de quatre à six) lances-missiles anti-chars 9K111-1M Konkurs-M, l’Объект 782 est quant à lui doté d’une tourelle armée avec un canon à basse pression 2A70 de 100 mm, d’un canon coaxial 2A72 et d’une mitrailleuse PKT (configuration que l’on retrouvera un peu plus tard sur le BMP-3). Une autre mitrailleuse PKT est installé sur la tourelle, pouvant être mise en oeuvre par le chef d’engin.

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L’Объект 782. Image@Alexey Khlopotov.

A la suite d’une batterie de tests, il semble que ce soit l’Объект 781 qui ait retenu les faveurs de l’armée. Cependant, la chute de l’URSS va porter un coup fatal à ce programme, stoppé net en 1991.

Le développement d’un blindé d’appui lourd va reprendre en 1995, alors en pleine guerre de Tchétchénie, toujours sous la direction de l’Usine de tracteur de Chelyabinsk mais cette fois-ci sur fonds propres, la situation économique de la nouvelle Fédération de Russie ne permettant pas le financement de bon nombre de nouveaux programmes d’armements.

En 1996, un prototype de ce projet va être dévoilé. Désigné Объект 787 Gadyuka (Vipère), il s’agit d’un T-72AV dont la tourelle a été modifié pour accueillir deux canons automatiques 2A72 -un de chaque côté de la tourelle- et de deux paniers contenants 6 roquettes non-guidées chacun. Comme sur le char duquel il est dérivé, l’Объект 787 est recouvert de blindage réactif Kontakt-1 employant des éléments explosifs 4S20 devant mettre en échec les munitions à charge creuse, du moment qu’elles ne possèdent pas de têtes en tandem.

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L’Объект 787. Image@Kampfpanzer.de.

Si le projet semble avoir été bien accueilli par les militaires, l’Объект 787 a été littéralement victime de son succès: les organes de surveillances n’ont pas vu d’un bon œil l’importante communication autour de ce blindé (ce qui fut considéré comme « divulgation de secret militaire »…), et à la suite d’une enquête, le projet fut purement et simplement arrêté et le prototype fut conservé au centre de test de Kubinka.

Fait anecdotique, le prototype a été restauré en 2017 et est désormais exposé dans le musée de char de Kubinka.

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L’Объект 787 restauré et désormais exposé au musée militaire de Kubinka. Photo.Vitaly.V.Kuzmin.

La Première guerre de Tchétchénie: le développement du BMPT

Le 11 décembre 1994, faisant suite à de fortes tensions politiques entre la Fédération de Russie et la République tchétchène d’Itchkérie qui avait proclamé son indépendance en 1993, le gouvernement russe lance une offensive ayant pour objectif de remettre dans le giron russe la république. Pour cela, les forces russes doivent dans un premier temps encercler Grozny, la capitale tchétchène, à partir de trois axes puis de prendre d’assaut la ville, avant de poursuivre les forces tchétchènes dans les zones rurales et montagneuses du Sud.

La seconde étape va débuter le 31 décembre 1994, avec quatre axes d’attaques devant permettre de prendre en priorité les points stratégiques de la ville. Cependant, alors que l’assaut visait à obtenir le contrôle de Grozny sur un coup de force via des colonnes blindés, les combats qui en suivront vont finalement tourner au désastre pour les troupes russes.

L’un de ces exemple est le sort du groupe Nord, constitué de la 131ème Brigade indépendante de fusiliers motorisés, du 81ème et du 276ème Régiments de fusiliers motorisés de la Garde et ayant pour objectif la prise du palais présidentiel et de la gare.

Alors que les deux premières unités étaient localisées au niveau de la gare, elles furent prises en embuscade par les combattants tchétchènes, puis encerclée. Par ailleurs, les trois autres groupes n’ayant pas rempli leurs objectifs, elles ne purent porter assistance au forces isolées du groupe Nord, qui pouvaient difficilement s’échapper de la ville.

Ainsi, au bout de deux jours de combat, le groupe Nord a subi des pertes importantes: bien que les chiffres varient assez fortement selon les sources, les trois unités auraient perdues près de 48 chars, de 94 à 159 BMP et 7 2K22 Tunguska, plus d’autres types de matériels, avec des pertes humaines se chiffrant à près de 300-350 morts (dont le commandant de la 131ème Brigade Ivan Alekseevich Savin), 128 disparus et un nombre non précisé de blessés -mais surement très important- .

Si les causes de ces échecs sont dû à de nombreux facteurs, comme l’entraînement des soldats, composés de jeunes mobilisés n’ayant pour beaucoup aucune formation de combat, le manque de renseignements et de reconnaissance sur les forces ennemies et l’emploi de tactiques non-adaptées au milieu urbain; l’utilisation de grande formation blindée n’est clairement pas une bonne idée dans un milieu compartimenté, surtout sans reconnaissance préalable…, le matériel employé a également montré ses limites.

En effet, la protection des BMP est totalement insuffisante pour résister aux roquettes anti-chars des insurgés, mettant dans le même temps l’infanterie embarquée en danger (dans le cas du BMP-1, l’incapacité de celui-ci à pouvoir tirer sur les cibles en hauteur aggrave la problématique). L’infanterie russe avait alors tendance à se tenir sur les blindés et non plus à l’intérieur pour améliorer leur chance de survie en cas d’impact, ce qui l’expose de fait directement aux combattants tchétchènes.

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Un BMP-2 détruit à Grozny. La protection apportée par ces blindés ne permet pas de protéger le groupe d’infanterie embarqué des armes anti-chars… Photo@Mikhail Evstafiev.

Une fois l’infanterie de couverture neutralisée ou désorganisée, les chars de combats étaient alors pratiquement sans défense, leurs avantages de puissance de feu et de protection étant neutralisés par le milieu. Les équipes anti-chars pouvaient alors se servir des bâtiments ou des caves pour frapper les points faibles des chars, d’autant plus que les combattants tchétchènes, ayant servis sous l’armée soviétique et vétérans de la Guerre d’Afghanistan, connaissaient les limites des blindés russes -toutefois, entre 3 et 6 impacts de RPG étaient tout de même nécessaires en moyenne pour mettre hors d’état un char de combat durant le conflit-.

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Un T-72B obr.1989 détruit en Tchétchénie. Une fois privé du soutien de l’infanterie, les chars deviennent plus vulnérable en milieu urbain. Photo@?

Les russes ne sont pas restés les bras croisés à regarder leurs troupes se faire tailler en charpie par les insurgés tchétchènes et ils se sont adaptés en envoyant au combat des blindés anti-aériens, tel le 2K22 Tunguska doté de deux canons automatiques de 30 mm 2A38 (dont la cadence de tir s’établit entre 1950 et 2500 cps/min par canon) à haut débattement permettant de cribler d’obus les positions tchétchènes, les engins souffrent cependant d’une absence totale de protection face aux armes anti-chars des insurgés.

Découlant des constats posés suite à ces combats urbains, et avec l’arrêt des travaux concernant l’Объект 787; un nouveau projet allait être lancé en 1998 pour réaliser un blindé devant être dotée d’une protection conséquente tout en ayant un armement à même de faire face à l’infanterie en milieu urbain dans le but de couvrir l’avancée des chars de combat et des véhicules de combat d’infanterie plus léger: un (ou des) canons automatiques à fort débattement seront donc de mises. Cette fois-ci, c’est la société UralVagonZavod qui est en charge du développement de ce nouveau blindé.

C’est deux ans plus tard, lors de la deuxième édition de l’exposition Ural Arms Expo du 11 au 15 juillet 2000, que le premier prototype de ce qui allait devenir le BMPT Terminator était présenté. Repris sous le nom de projet Ramka-99 ou Объект 199, il pose les bases du BMPT définitif; cependant l’armement différait de par l’installation d’un seul canon automatique 2A42, de deux mitrailleuses PKTM dont une télé-opérée et de 4 lances-missiles anti-chars 9K135 Kornet.

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Le premier jet du Ramka-99. Photo@btvtinfo.blogspot.com.

Il faudra attendre 2002 pour que l’Объект 199 subisse une série de modification et devienne le BMPT tel qu’on le connait actuellement.

Caractéristiques techniques

Description générale

Le BMPT est donc un véhicule blindé basé sur un châssis de T-72/T-90 mis en oeuvre par un équipage de 5 hommes, à savoir:

  • Le commandant,
  • Le tireur,
  • Le conducteur,
  • Les deux servants de lances-grenades AG-17D.

Si le conducteur est installé de manière conventionnelle à l’avant de la caisse, en position centrale, le commandant et le tireur prennent quant à eux place à la base de la tourelle, le tireur étant situé à gauche (juste derrière le viseur thermique qui lui est dédié) tandis que le commandant se trouve à droite. Enfin, les deux servants des AG-17D se situent juste derrière le conducteur de part et d’autre de celui-ci.

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Un schéma du système d’armement du BMPT où l’on voit la position du tireur (le chef d’engin se trouvant alors sur sa droite). Image@btvt.narod.ru.

En ce qui est des mensurations, le blindé présentes les chiffres suivants :

  • 7,2 mètres de long,
  • 3,37 mètres de large (3,8 avec l’installation des protections latérales),
  • 3,44 mètres de haut avec le viseur du commandant inclus.

Le BMPT s’avère donc plus haut que les chars de combat qu’il doit soutenir avec près d’un mètre de plus. En ce qui concerne la longueur, avec le remplacement du canon de 125 mm par les canons de 30 mm, il est évident que le BMPT soit plus court, ce qui améliore sa capacité à se déplacer en ville, les canons ayant moins de chance de butter contre un mur ou un autre obstacle. La masse du véhicule s’établit quant à elle autour des 47-48 tonnes, ce qui est légèrement supérieur à un T-90A ou un T-72B3.

Afin de pouvoir observer les environs du blindé, le BMPT est doté d’un large panel d’épiscopes: ainsi, le chef de char a à sa disposition cinq épiscopes TNPO-260, tandis que le tireur possède un optique TNP-165A situé à gauche du viseur thermique. Le pilote a quant à lui un optique TNPO-168V pour l’observation de jour, un optique TVN-5 et peut bénéficier de lunette de vision nocturnes PNV-90V-1M, et les opérateurs lances-grenades sont dotés d’optiques TNPO-160. Une partie de ces systèmes étant désormais produits en Ukraine, il est probable que la Russie cherche (si ce n’est déjà fait) à installer la production de ces optiques sur son sol ou à créer des analogues locaux dans le cadre des substitutions aux importations.

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Une synthèse des épiscopes et système de visés (hors viseurs thermiques) installés sur le BMPT. Image@UVZ.

Pour assurer les communications, le BMPT est doté d’une station radio R-168-25UE-2 permettant des communications à l’échelon de la compagnie jusqu’à l’échelon régimentaire et d’un système d’interphone et de contrôle AVSKU-E. Le blindé est également doté d’une liaison GLONASS, lui permettant de connaître sa position et celle des troupes alliées.

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L’interface de la radio R-168-25UE-2. Image@sozvezdie.su.

Le BMPT est également doté d’un APU (Auxiliary Power unit, soit Unité de Puissance Auxiliaire) de type générateur diesel pour permettre d’alimenter les systèmes électriques et électroniques de l’engin sans devoir avoir recours au moteur et donc de gagner en discrétion lorsque le blindé est immobile. Deux modèles peuvent être installés au choix, à savoir le DGU5 P27,5 BM1 ou le DGU8 P27,5 BM1; l’APU est installé à l’arrière dans le côté gauche du blindé.

De manière à pouvoir aménager une position défensive en toute autonomie, le BMPT est équipé d’une lame d’enfouissement sur la partie inférieure de la caisse.

Le train de roulement est composé de six galets de roulement espacés de manière régulière et de trois rouleaux porteurs, tandis que les suspensions sont de types barres à torsions. Enfin, le compartiment moteur est traditionnellement placé à l’arrière de l’engin.

Armements et systèmes de tir

Eu égard à son rôle, le BMPT se devait donc d’avoir un armement polyvalent et adapté pour remplir sa mission principale: c-à-d soutenir l’avancée des blindés ou de l’infanterie en environnement urbain ou dans des environnements présentant un relief marqué. Le BMPT peut tout d’abord compter sur deux canons automatiques 2A42 tirant des munitions de 30 x 165 mm.

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L’installation des 2A42 dans le système d’arme du BMPT. Image@UVZ.

Développé par la société KBP Tula, le 2A42 possède une cadence de tir comprise entre 200 et 300 cps/min en cadence basse et entre 550 et 800 cps/min en cadence haute; de fait, le volume de feu théorique du BMPT s’établit entre 400 et 1600 cps/min, bien qu’en pratique, il est impossible d’assurer une telle cadence sans endommager irrémédiablement les tubes des canons. La portée de tir pratique maximale s’établit autour des 2000-4000 m, bien que cette distance dépende du type de cible. Par ailleurs, un total de 850 obus constituent la dotation maximale du blindé permettant alimenter les deux canons, avec une répartition standard de 600 obus explosifs et 250 obus perforants.

Avec cet armement, le BMPT peut engager une grande variété d’objectifs grâce à un panel d’obus varié:

  • La munition explosive 3UOF8, doté d’une charge explosive de 49 gr,
  • La munition à fragmentation 3UOR6,
  • La munition perforante APBC (Armour Piercing Ballistic Capped3UBR6, d’une vélocité de 970 m/s et perforant 14 mm d’équivalent en RHA (Rolled Homogeneous Armour) à 1500 m sous un angle de 60° selon les tests soviétiques (20 mm à 700 m dans les mêmes conditions),
  • La munition perforante APDS (Armour Piercing Discarding Sabot3UBR8, d’une vélocité de 1120 m/s et perforant 25 mm d’équivalent en RHA à 1500 m sous un angle de 60° selon les tests soviétiques (45 mm à 100 m dans les mêmes conditions).
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Caractéristiques des obus disponibles pour les canons de 30 mm des forces terrestres. Image@militarypribor.ru.

Par ailleurs, le BMPT est conçu de manière à pouvoir recevoir de nouvelles munitions dans le futur en vue d’accroître son efficacité et de suivre les évolutions du combat en milieu urbain.

En premier lieu, le BMPT pourra employer des munitions explosives à détonation programmable, ce qui renforcera la capacité du BMPT à prendre à parti l’infanterie, tant à découvert (l’explosion et les éclats couvrants une zone plus large) que retranchée (l’obus explosera au-dessus de la tranchée) ou dans les bâtiments (dans ce cas, la détonation de l’obus pourra se faire après avoir traversé un mur ou autres obstacles). Les tests de ces munitions devraient s’achever d’ici à 2020.

De cette manière, le développement des blindés de combat d’infanterie de la nouvelle génération s’accompagnera également par le développement de munitions plus modernes qui seront aussi bien employées par ces blindés que par les engins plus anciens, notamment pour les canons de 30 mm.

Si aucune information n’a été communiquée en ce qui concerne les types de munitions développées, outre les munitions explosives à détonation programmables, on peut supposer que des munitions perforantes plus récentes soient conçues (ou en cours de conception). En effet, la munition 3UBR8, mise au point à la fin de l’URSS, possède des performances assez limitées (sans même parler de la 3UBR6 obsolète…), et l’utilisation d’obus perforants de type APFSDS ne serait pas du luxe contre les IFV ennemis (bien que les véhicules de combats d’infanteries les mieux protégés actuellement sont censés pouvoir encaisser des obus de 30 mm perforants sur leur arc frontal): en effet, si les chars de combats que le BMPT est censé « escorter » peuvent parfaitement détruire ce genre de cible, il peut être amené à soutenir de l’infanterie plus vulnérable -d’où son autre désignation possible à savoir BMOP Боевая машина огневой поддержки, soit Blindé de Combat d’Appui-Feu-.

L’élévation verticale des canons est comprise entre -5 et +45°. Si ce ne sont pas des valeurs très importantes par rapport à d’autres blindés en service au sein des forces russes (l’élévation maximale du 2A42 sur le BMP-2 est de +74°…), elles permettent toutefois au BMPT de prendre pour cible une bonne partie des menaces situées en hauteur, notamment dans les étages des bâtiments ou sur des positions naturelles hautes.

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Une illustration de BMPT avec l’élévation maximale des canons. Image@niistali.ru.

Pour accorder au BMPT une plus grande polyvalence, notamment en terrain ouvert, un système B07S1.01.000 est installé pour permettre le tir de missiles 9M120 Ataka-T, conçu par la société KBM, avec une paire de missiles de chaque côté du module d’armement (et couvert par un carénage sur la variante plus récente destiné aux forces russes). L’élévation des lanceurs est comprise entre -5 et +25°.

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Deux lanceurs de missiles 9M120 Ataka-T sur un BMPT. Photo@kbm.ru.

D’une portée de 6000 m, deux types de missiles peuvent être employés, à savoir le 9M120-1 anti-char qui est doté d’une charge creuse en tandem donnée pour pouvoir percer près de 800 mm en équivalent RHA après ERA et le missile 9M120-1F thermobarique employé contre les fortifications, l’infanterie et les cibles peu protégées. Par ailleurs, une munition d’entrainement est disponible, désignée 9М120-1 ПРАКТ (PRAKT).

Pour compléter l’armement de la tourelle, une mitrailleuse 6P7K (PKTM) de 7,62 x 54 mm, d’une cadence de tir d’environ 750 cps/min et dotée de 2100 munitions est montée au dessus des deux canons pour assurer la couverture rapprochée du blindé. La mitrailleuse est couplée avec un système de rechargement autonome (vu la position de la mitrailleuse, il n’y avait pas vraiment le choix…).

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Présentation de l’installation de la mitrailleuse PKTM et de ses systèmes. Image@UVZ.

Par ailleurs, de chaque côté de la caisse est implanté un lance-grenades AG-17D (une variante de l’AGS-17) doté de 300 grenades de 30 x 29 mm chacune, soit un total de 600 grenades. D’une portée de 1400 m, l’AG-17D peut tirer à une cadence de près de 400 grenades/min et ainsi offrir un moyen efficace de lutter contre l’infanterie, notamment en milieu urbain.

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Un AG-17D. Image@Otvaga2004.

Cependant, l’emplacement des lances-grenades et leur débattement vertical (+20° au maximum) et horizontal limités ne permettent pas d’en exploiter le plein potentiel. Par ailleurs, l’installation de ces lances-grenades nécessitent d’augmenter le nombre de membre d’équipage à cinq du fait des deux servants supplémentaires, ce qui n’est pas standard au sein du parc de blindé lourd russe habitué à trois membres d’équipages par char.

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Gros plan sur l’AG-17D du côté droit. On comprend ici que le débattement du lance-grenade est particulièrement faible. Image@Otvaga2004.

Pour ce qui est du système de conduite de tir, le tireur possède à sa disposition un viseur thermique désigné B07K2 (il est probable que le viseur utilise une caméra thermique française de chez Thalès, bien que des mesures aient été prises pour concevoir et produire des caméras thermiques en Russie).

Situé sur la base de la tourelle, ce viseur possède un canal optique et thermique et possède des performances similaires au Sosna-U employé pour les chars de combat, ainsi la portée de détection (d’une cible de type véhicule blindé) s’établit à 5000 m de jour et à environ 3300 m de nuit. Par ailleurs, la portée maximale du télémètre laser intégré au viseur est de 7500 m; certaines sources avancent également des grossissement de x4 et de x12, si ces chiffres sont cohérents avec d’autres optiques montés sur les blindés russes, rien ne confirme ces informations.

Le commandant, quant à lui, est doté d’un optique B07K1 situé au dessus du système de combat, pouvant opérer sur 360° avec une élévation de -5° à +45° et bénéficiant d’un canal TV, d’un mode diurne-nocturne et d’un télémètre laser; par ailleurs, les performances de cet optique sont identique à celles du B07K2.

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Une diapositive schématisant les systèmes de visés B07K1 et B07K2. Image@UVZ.

Toutefois, les BMPT produits en série pour le compte de l’armée russe ainsi que pour les forces armées du Kazakhstan sont équipés du PKP-R, installé également sur le BMPT-72 (voir dans la section Variantes plus bas).

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Un BMPT lors d’une répétition du défilé militaire de la Victoire le 26 avril. On peut facilement observer la différence entre le viseur du chef d’engin B07K1 et le PKP-R installé ici. Photo@Vitaly.V.Kuzmin.

De manière à faciliter les tirs en mouvement et augmenter la précision des tirs, les canons sont stabilisés sur les axes verticaux et horizontaux. Par ailleurs, un mât météorologique DVE-BS, produit par la société Usine optique de Théodosie est installé à gauche du système d’arme pour fournir des données sur la vitesse du vent à la conduite de tir pour améliorer la précision du tir.

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Le mât météorologique DVE-BS. Image@fkoz.feodosia.com.

Les servants des AG-17D sont pour leur part dotés du viseur Agat-MR, dont la portée de vue maximale de jour s’établit à 4000 mètres (avec un grossissement x1 et x8) et à 1000 mètres de nuit (avec un grossissement x5).

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Les composants des systèmes de visés Agat-MR. Image@UVZ.

Mobilité

En ce qui concerne la mobilité, le BMPT possède des caractéristiques similaires à celle du T-90A.

En effet, le BMPT est motorisé par le même moteur diesel V-92S2 à 12 cylindres en V développant 1000 ch à 2000 tr/min,  conçu par la société Chtz-Uraltrak. Avec une masse similaire, tout au plus légèrement supérieure, à celle du char duquel il est dérivé, le rapport poids/puissance du Terminator s’établit alors entre 20,83 et 21,27. La vitesse maximale sur route varie selon les sources, mais elle s’établit globalement entre 60 et 65 Km/h; il est toutefois probable que le BMPT conserve une vitesse en marche arrière très faible -de l’ordre de 5 à 10 Km/h-.

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Un moteur V-92S2. Image@chtz-uraltrac.ru

La transmission, dissociée du moteur comme sur la plupart des chars soviétiques/russes jusqu’au T-14, est de type mécanique avec un mode d’action de type hydraulique. Elle est couplée avec une boîte de vitesse comprenant 7 rapports avants et 1 rapport arrière.

Pour ce qui est du comportement dynamique, le BMPT peut franchir des fossés d’une largeur comprise entre 2,6 et 2,8 mètres, passer au dessus d’un obstacle dont la hauteur est de 85 cm et peut se déplacer sur des pentes maximales de 30°. Le BMPT peut également s’affranchir en toute autonomie des coupures humides d’une profondeur de 1,2 mètres. Cette performance peut être poussée à 1,8 mètres avec une préparation de 5 minutes, tandis qu’avec l’installation d’un Snorkel, le BMPT peut se déplacer sous 5 mètres de fond.

Enfin, l’autonomie maximale du BMPT est d’environ 550 Km avec les réservoirs externes; l’autonomie serait alors moindre que les chars de combat, qui s’établit à la même valeur sur les seuls réservoirs internes.

Protection

Développé pour pouvoir combattre en environnement urbain, le BMPT se devait donc d’afficher une protection importante, notamment contre les armes anti-chars d’infanterie, tel les RPG et missiles anti-chars.

En premier lieu, il est basé sur la caisse du T-90 duquel il reprend la protection. Si celle-ci n’est évidemment pas connue avec précision, le blindage composite de celui-ci doit permettre au BMPT d’afficher une protection de base importante; si elle n’est probablement pas capable à elle seule de pouvoir encaisser les projectiles perforants les plus récents sur l’arc frontal, elle devrait cependant pouvoir résister à la plupart des munitions à charge creuses employé, notamment par l’infanterie.

Pour renforcer alors sa protection, le BMPT est doté d’un kit de blindage réactif Relikt doté d’éléments explosifs 4S23 et pesant au total près de 2,3 tonnes, sur la partie frontale et latérale de la caisse. Développé par la société Nii Stali, ce modèle d’ERA (Explosive Reactive Armour) peut lutter avec efficacité contre les projectiles à charge creuse, y compris les têtes en tandem, tout en apportant une protection supplémentaire face aux munitions APFSDS.

Pour cela, outre le matériau explosif, le Relikt fonctionne avec de fines plaques métalliques: lorsque la charge explosive de l’ERA détonne, l’explosion fait déplacer les plaques en direction du projectile et dans la direction opposé pour un maximum d’effet et donc d’éroder suffisamment le dard des charge creuse et de briser, ou à défaut, de dévier les obus flèches avant d’atteindre le blindage à proprement dit. Par ailleurs, l’explosif 4S23 est plus sensible que son prédécesseur face aux projectiles APFSDS à « faible vitesse » (le M829A3 entre autres).

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Un élément explosif 4S23. Image@btvt.narod.ru.

Selon le constructeur, le Relikt peut mettre en échec des munitions à charge(s) creuse(s) perçant jusqu’à 1000 mm de blindage (Nii Stali indique également un coefficient de protection de 2,1) et des munitions APFSDS tel que le M829A3, employé depuis 2003 sur les M1A1 et M1A2 américains (un facteur de protection de 1,4 est annoncé contre les obus APFSDS, bien que ce facteur varie selon les caractéristiques de la munition).

La protection latérale, outre le blindage réactif, est constitué d’une plaque d’acier (censée contenir les éléments explosifs 4S23), de deux plaques en matériaux plastiques puis d’une autre plaque en acier plus fine. Si un projectile de type charge creuse vient à toucher cette partie du char sous un angle, la jupe latérale va alors fonctionner comme un NERA (Non Explosive Reactive Armour): l’impact d’un projectile va en partie se dissiper dans les plaques plastiques, entraînant une pression faisant bomber la première plaque d’acier vers l’avant, tandis que la plaque d’acier plus fine se bombera en direction de la caisse. Couplée avec les éléments explosifs et la distance séparant les jupes latérales de la caisse, la protection affichée devrait permettre de mettre en échec les roquettes anti-chars portatives. La protection est toutefois nettement moins efficace lorsque le projectile est tiré directement à la perpendiculaire des jupes blindées.

Pour protéger le compartiment moteur des lances-roquette portatifs, un blindage-cage est également installé à l’arrière du blindé et au niveau du pot d’échappement du moteur, devant perturber le dard de la charge creuse ou bloquer sa mise à feu.

Lors du déploiement d’un BMPT en Syrie au cours de l’été 2017, celui-ci a été observé avec une protection supplémentaire sur les flancs, destinée aux opérations urbaines et lors de conflit asymétrique. Une protection similaire avait déjà été testé sur le BMPT au cours des années 2000; il s’agissait alors d’élément explosif 4S20 (normalement monté dans le blindage réactif Kontakt-1) intégré dans un « écran » en tissu.

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Le BMPT avec un écran en tissu doté de blindage réactif Kontakt-1 dans les années 2000. Photo@btvt.narod.ru

Similaire à celle pouvant équiper les T-72B3 obr.2016 (et potentiellement le T-14), elle consiste en la pose de sacoches souples; si les informations en provenance du contrat concernant l’amélioration des T-72B3 indiquaient qu’elles contiennent des éléments de « protection dynamique » (de type ERA), une discussion entre un chef de char et le photographe Vitaly.V.Kuzmin indiquerait que ces sacoches seraient remplie de sable et de deux éléments plastiques, ceux-ci devant compacter le sable; la protection aurait alors pour but d’éroder prématurément le dard à travers le sable avant que celui-ci n’atteigne le reste de la protection.

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Le BMPT en date du 3 juillet 2017 en Syrie où l’on peut remarquer les sacoches de protections supplémentaires sur les flancs du blindé. Photo@Wael Al Hussaini.

Le BMPT prend également en compte la menace des mines anti-chars, avec le renforcement du blindage ventral ainsi que la fixation des sièges des membres d’équipages au plafond du véhicule et non plus au plancher, de manière à éviter que l’onde de choc frappe de plein fouet les équipages. Par ailleurs, comme la plupart des chars de combats soviétiques et russes, des rouleaux anti-mines peuvent être installé sur la partie inférieure de la caisse, tel le TKM-T ou le KMT-7.

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Un BMPT lors d’un test de résistance aux mines dans les années 2000. Image@btvt.narod.ru.

Pour prendre en compte le danger causé par les missiles anti-chars, le BMPT est équipé de deux détecteurs d’alerte laser TShU-1M, situés à côté du viseur du tireur et deux de chaque côté de la base du module d’armement, devant prévenir le blindé en cas de désignation  par une source laser, notamment en provenance des postes de tir des ATGM, et donc de permettre à l’équipage de réagir à la menace.

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Sur cette image, on peut voir les lances-grenades fumigènes 902A et deux détecteurs d’alertes laser (au dessus du dernier lanceur 902A). Photo@Vitaly.V.Kuzmin.

De plus, le BMPT est doté de lances-grenades fumigènes 902A (6 lanceurs de chaque coté de la base de la tourelle) permettant l’emploi de grenade fumigène classique ou de grenades de type 3D17 doté d’un effet de brouillage IR devant perturber le guidage du missile et donc de faire échouer le tir.

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Une synthèse générale des moyens de protections mis en oeuvre sur le BMPT. Image@UVZ.

Les réservoirs de carburants sont protégés par un plaque d’acier devant limiter les risques de propagations en cas d’impact, enfin si un incendie se déclare, le BMPT est doté d’un extincteur automatique devant éteindre le feu le plus rapidement possible pour éviter sa propagation au sein du blindé ce qui améliore les chances de survie de l’équipage, qui dispose de temps supplémentaire pour évacuer le véhicule.

Variantes

Le BMPT va voir l’apparition d’une première variante lors du Russian Arms Expo 2013 avec le BMPT-72, aussi appelé Terminator-2 et destiné au marché de l’export.

Basé sur une plate-forme de T-72 comme son nom l’indique (ce qui sous-entend qu’il s’agit d’une reconversion d’un châssis existant et non pas d’un blindé produit à neuf), il se distingue du BMPT Terminator par l’absence des lance-grenades AG-17D, réduisant alors le nombre de membres d’équipages à 3 au lieu de 5, une protection latérale agencée différemment et un poids réduit à 44 tonnes. La motorisation semble être au choix du client entre le V-84MS de 12 cylindres en V de 840 ch et le V-92S2. Des phares d’un nouveau type sont également monté à l’avant.

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Un BMPT-72 exposé au salon ARMY-2018. Photo@Vitaly.V.Kuzmin.

La principale différence reste toutefois le système d’armement légèrement modifié: en effet, la tourelle est désormais d’un nouveau type et si l’armement reste le même, les canons 2A42 voient la pose d’un « mantelet » modifié à la base des deux canons et les missiles anti-chars, jusque là superposés, sont maintenant juxtaposés et couvert d’un carénage devant permettre d’apporter une protection -il est vrai, minimale- aux missiles face aux balles et aux débris et éclats du champ de bataille. Le viseur du commandant est par ailleurs remplacé par un modèle plus moderne PKP-R, doté des mêmes performances mais bénéficiant en plus d’un canal thermique.

La carrière du BMPT et son avenir

Au sein des forces russes

Bien que le concept du BMPT ait été développé avec un grand intérêt lors des dernières années de l’URSS, la mise en service du blindé au sein des SV (composante terrestre des forces armées russes) fut une toute autre histoire.

Pour rappel, le design du BMPT (alors désigné comme Ramka-99) fut donc défini en 2002 mais il faudra attendre juin 2005 pour que deux prototypes débutent les tests étatiques, qui s’achèveront près d’un an plus tard, en mai 2006. Ce n’est que 3 ans après que le BMPT fut recommandé à l’achat et soit -selon les médias de l’époque- officiellement adopté au service.

Toutefois, à peine un an plus tard, le BMPT est finalement refusé par le nouveau commandant des SV, Aleksandr N. Postnikov au motif qu’il ne répondait pas aux exigences du combat moderne… Par conséquent, les financements du projet furent stoppés net alors que l’équivalent d’une compagnie de BMPT (soit une dizaine de blindés) devait être commandée dans l’année.

A partir de 2010, il n’y eu alors plus aucun pas en avant en faveur de l’achat de BMPT pour les forces armées russe, et-ce malgré la publicité faite à l’engin, notamment dans les salons de l’armement organisés par la Russie. D’ailleurs, fait anecdotique, la désignation Terminator n’est pas officielle: les médias appelaient le BMPT ainsi du fait de son large panel d’armement et au fil du temps, le surnom est devenu une désignation informelle du blindé.

Il faudra attendre 2017 pour voir la situation bouger. Plus précisément, lors d’une visite du dirigeant syrien Bachar El-Assad sur la base aérienne russe de Khmeimim organisée par le chef d’état-major russe Valery Gerasimov le 27 juin 2017, un BMPT fut également présenté.

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Le BMPT sur la base de Khmeimim le 27 juin 2017. Photo@SANA.

Le 3 juillet 2017, des images indiquent que le BMPT se trouve désormais à proximité de la ville de Salamiyah (à l’est de Hama); à cette date, les troupes loyalistes ont lancé une offensive (limitée) contre Daech dans la partie orientale de la province de Hama en prélude à une opération plus importante dans le désert syrien, et la ville sert de base importante pour les loyalistes.

Si aucune information ne confirme la participation du BMPT aux combats qui se sont déroulés dans la province, son déploiement dans la région à cette date peut laisser suggérer qu’il ait pu connaître quelques engagements. Par ailleurs, il semble que des personnels russes étaient présents à proximité du BMPT au moins pour ce qui est de la maintenance et il est possible (voire plus que probable) que le blindé ait été mis en oeuvre par des équipages russes.

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Le BMPT en Syrie au 3 juillet 2017; les personnels sur le blindé (l’équipage?) n’ont pas l’air d’être très « syriens ». Photo@B.Salami.

Ce « baptême du feu » informel a permis de faire avancer les choses pour la mise en service du BMPT au sein des forces russes puisque lors du salon ARMY-2017 qui s’est tenu à la fin août, un premier contrat portant sur la livraison de BMPT -plus précisément 10 à 12 exemplaires- a été signé. De plus, un BMPT participa à l’exercice ZAPAD-2017 aux côtés d’un T-80BVM et d’un T-90M (deux chars également commandés au cours du salon ARMY).

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Le BMPT déployé lors de l’exercice ZAPAD-2017. Photo@Anton Novoderezhkin.

Cette commande fut prise en charge assez rapidement: les BMPT devant participer au traditionnel défilé militaire de la Victoire du 9 mai 2018, il fallait que les blindés (ou au moins un certain nombre) soient disponibles pour cette date. Au cours du mois de mars, il était possible de voir l’avancement des travaux puis la livraison des BMPT le 28 mars; alors que 10 engins ont été officiellement livrés, une vidéo permettant de constater le départ des blindés de l’usine montre que seul cinq BMPT étaient sortis d’usine. Par ailleurs, au cours 13 avril 2018, le BMPT fut (de nouveau) adopté par les forces russes. Et c’est donc lors du défilé militaire de la Victoire que les BMPT russes furent présentés officiellement avec trois engins.

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Un BMPT lors d’une répétition du défilé militaire de la Victoire de 2018 à Alabino. Photo@Vitaly.V.Kuzmin.

Par la suite, le lot complet devra être perçu dans le courant de l’année (après quelques finitions) par la 90ème Division blindée de la Garde pour une durée d’un an afin d’y subir une -énième- batterie de tests. Il doit être employé lors d’exercice militaire à partir de 2019 pour mettre au point la doctrine d’emploi du BMPT par les forces armées (bien qu’au cours du 13 septembre, il fut annoncé que des BMPT participerait à l’exercice Vostok-2018).

C’est à partir de la fin de ces tests qu’il sera possible de savoir si le BMPT donne pleinement satisfaction au sein des forces russes et par truchement de permettre à ce dernier de rentrer « massivement » en service; dans le cas inverse la situation rencontrée à la fin des années 2000 se répéterait encore… .

A l’export

Il est intéressant de noter que la carrière du BMPT a débuté initialement à l’export, et-ce avant même les forces armées russes.

En effet, c’est en 2010 -au moment où la Russie a décidé d’en annuler la production pour son armée- que le Kazakhstan va passer une commande de 10 BMPT et ainsi en devenir le premier utilisateur. Les premiers véhicules seront livrés à partir de 2011 (avec 3 exemplaires) et le solde en 2013.

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BMPT kazakhs lors d’un défilé. Photo@Kalabaha1969.

Par ailleurs, il avait été annoncé en 2014 que le Kazakhstan pourrait produire des BMPT sur son sol à partir de 2015. Cependant, bien que des officiels indiquent que le contrat ait été signé, il est clair à l’heure actuelle que la production sous licence des BMPT au Kazakhstan n’a pas (encore?) été menée à son terme. On ignore les raisons de cette absence de concrétisation.

Un autre Etat a montré son intérêt pour le BMPT: il s’agit de l’Algérie. Client important et traditionnel des produits militaires de manufacture russe, l’Algérie avait alors déjà testé un BMPT sur son sol à la mi-2013 pour évaluation. Toutefois, si le blindé semble avoir donné satisfaction, l’équipage de 5 hommes ne convenait pas aux forces terrestres algériennes, préférant un équipage « standard » de 3 hommes comme sur ses chars T-72M et T-90SA (le BMPT-72, qui respecte cette exigence, apparaîtra à la fin septembre 2013…).

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Un BMPT lors de tests en Algérie. Photo@Secret-difa3.blogspot.com.

Toutefois là encore, un doute subsiste sur la signature d’un contrat avec l’Algérie pour ce blindé. En effet, alors que des informations datant du début septembre 2017 indiqueraient qu’une commande de près de 300 BMPT-72 a été signé en 2016, avec la livraison des premiers exemplaires pour le premier trimestre de 2018 et la fin des livraisons d’ici 2019, aucun BMPT-72 n’a pu être observé en production (et encore moins aux couleurs nationales…). Et au stade actuel, il est « peu probable » (voire tout simplement irréalisable) que l’Algérie puisse recevoir les 300 blindés durant la seule année 2019… Il conviendra alors de surveiller attentivement la situation et d’attendre plus de renseignements à ce sujet.

Par ailleurs, Alexander Shevchenko, chef de la direction principale des véhicules blindés du ministère de la Défense  a indiqué en 2017 qu’Israël et la Syrie seraient intéressés par l’achat de ce blindé. Alors qu’il est totalement évident qu’Israël ne commandera pas de BMPT pour des raisons logiques, l’engin pourrait effectivement intéresser en théorie la Syrie; en effet, les combats en zones urbaines, notamment dans la banlieue de Damas, durant la guerre civile se sont montrés particulièrement coûteux pour les blindés en tous genre, incapables de riposter dans un environnement où l’infanterie peut facilement se dissimuler et attaquer les chars sur leurs points vulnérables (d’autant plus que les modèles engagés sont anciens et clairement obsolètes face à la majorité des armes anti-chars disponibles). Là encore, l’usage de blindés anti-aériens ZSU-23-4 Shilka pour couvrir les chars s’est soldé par de lourdes pertes, les engins n’ayant pratiquement aucune protection.

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Un ZSU-23-4 Shilka syrien modifié localement sous le standard « Adra ». Malgré une amélioration de la protection, l’engin reste particulièrement vulnérable lors des combats urbains qui ont fait rage dans la banlieue de Damas. Photo@?

Le BMPT pourrait alors être une réponse possible à ces RETEX, toutefois se pose la question de l’économie: au stade actuel, l’économie syrienne ne permet pas en effet un rééquipement massif des forces armées, d’autant plus qu’il ne s’agit pas de la priorité absolue pour le moment…

D’un point de vue général, le BMPT peut convenir à des Etats risquant fortement de faire face à une situation de conflits/combats en zones urbaines et/ou au relief prononcé, notamment contre des insurgés, ce qui pourrait intéresser des pays moyen-orientaux qui ont dû faire face à ce genre d’adversaires (outre la Syrie, on pensera également à l’Irak). Par ailleurs, la possibilité de convertir des chars obsolètes en véhicules de soutien au combat et à coût réduit pourrait permettre de faciliter son exportation ou la remise à niveau d’une partie du parc de char des pays clients, à l’image du BMPT-72 bien que d’autres conversions semblent possible; en juillet 2013, la Russie avait proposé au Pérou de convertir ses T-55 en BMPT, bien que l’idée soit restée sans suite.

Toutefois, et malgré ces avantages qui semblent favorables pour l’export, le BMPT n’a donc pour le moment pas connu de carrière très glorieuse à l’étranger; la mise en avant de la spécialisation du blindé couplée avec l’histoire tumultueuse de l’engin en Russie-même ont probablement contribué à cette absence de commande importante à l’export. Il serait alors intéressant de voir dans les années à venir si le « baptême du feu » du BMPT de concert avec la réception des premiers engins par les SV russes vont permettre au blindé de s’offrir une place plus importante sur le marché mondial des armements.

Le futur

Alors que la mise en service du BMPT vient à peine de débuter pour les forces armées russes avec un nombre réduit d’exemplaires pour le moment, des annonces concernant un futur « Terminator-3 » sont déjà apparues ces dernières années. Et bien que totalement hypothétique à l’heure actuelle, quelques pistes de développement de ce projet sont mises en avant.

Tout d’abord, le Terminator-3 serait développé sur une nouvelle plate-forme blindé, en l’occurrence le châssis universel Armata. Outre une logique de standardisation et de rationalisation, l’utilisation de ce châssis permet d’améliorer sensiblement les performances du futur BMPT, avec une protection plus complète et poussée que les bases de T-90 ou de T-72, de par l’emploi d’un blindage composite de dernière génération, un nouveau type de blindage réactif désigné Malakhit/Monolith et l’installation du système de protection actif Afganit.

En outre, en reprenant le groupe moto-propulseur employé sur cette plate-forme fournissant une plus grande puissance (entre 1200 et 1500 ch), le futur Terminator-3 gagnerait en mobilité et en réactivité tout en facilitant les opérations de réparations et de maintenances.

Par ailleurs, le Terminator-3 devrait mieux prendre en compte la menace des drones et des cibles aériennes. En effet, les conflits récents ont montré que les drones, de type militaire comme l’Orlan-10 ou même de simples drones commerciaux tel que les DJI Phantom, sont désormais omniprésents sur les zones de conflits de par leur capacité de reconnaissance et de guidage des tirs d’artilleries tout en pouvant larguer des charges offensives légères sur des cibles vulnérables (les dépôts de munitions par exemple) ou dans une optique de harcèlement des troupes adverses.

L’installation d’un canon de 57 mm devrait donc s’imposer car capable dans le futur de mettre en oeuvre un CLGP (Cannon-Launched Guided Projectile) de type missile devant neutraliser une cible aérienne avec un minimum de coup. Des obus APFSDS sont également disponibles pour lutter contres les blindés médians adverses tels les IFV les mieux protégés.

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Les caractéristiques techniques du module Kinjhal doté d’un canon de 57 mm. Image@UVZ.

Cependant, les modules dotés d’un canon de 57 mm contiennent peu de munitions (aux alentours de 80 pour les modules AU-220M et Kinjhal et 148 pour un module plus lourd équipant entre autres le 2S38), ce qui rendrait le Terminator-3 peu persistant sur le champ de bataille, sauf à le modifier pour obtenir une dotation en munitions plus importante ou le doter d’un panel d’armement plus complet et bien fourni en munitions.

Cet armement devant également être monté sur la nouvelle génération de blindé, cela pourrait alors permettre une rationalisation des composants et des munitions entre les engins. Il est également probable que des optiques et un système de conduite de tir plus récent soient de mises pour ce projet.

Toutefois, et malgré ces différentes annonces enthousiastes, le projet d’un nouveau BMPT pourrait être impacté par un autre véhicule de la plate-forme Armata. En effet, le développement du BMPT se justifiait de par la faible protection des véhicules d’infanteries ex-soviétiques en service et par la difficulté rencontrée par les chars à se défendre efficacement dans un environnement fortement urbanisé face à des adversaires expérimentés et bien équipés en moyen anti-chars.

Or, si les futurs Объект 695 (la version IFV du Kurganets-25, aussi appelée B-11) et VPK-7829 K-17 Bumerang n’offrent toujours pas le même niveau de protection que le BMPT (bien qu’en net progrès par rapport à ceux de leurs prédécesseurs), le véhicule de combat d’infanterie lourd T-15 Armata marche quant à lui directement sur ses plates-bandes. En effet, la protection du T-15 est donnée pour être similaire à celle du T-14, ce qui représente un niveau de protection inédit pour un IFV russe (et en fait accessoirement l’un des véhicules de combat d’infanterie les mieux protégés du moment…).

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Un T-15 Armata lors d’une répétition du défilé militaire de la Victoire en 2015. Photo@Vitaly.V.Kuzmin.

En conséquence, le T-15 devrait s’avérer nettement plus protecteur pour l’infanterie embarquée, d’autant plus que le blindage du T-15, couplé à un meilleur confort interne, devrait éviter que celle-ci se tienne à l’extérieur du blindé lors des phases de transport.

En ce qui concerne l’armement, alors que le module Bumerang-BM offre un armement légèrement moins dense que le module du BMPT -bien que présentant des avantages sur le plan qualitatif tels que la qualité des optiques et de l’électronique embarquée-, le T-15 est prévu pour recevoir par la suite un module de combat doté d’un canon de 57 mm, qui offrirait alors les mêmes performances que celui de l’hypothétique Terminator-3 et lui permettrait de lutter contre les même menaces.

Et c’est lors du salon ARMY-2018 qu’a été dévoilé un T-15 doté d’un module AU-220M (conçu par la JSC « Central Research Institute Burevestnik« ) sur lequel a été rajouté un système B07S1.01.160 pour l’emploi de deux missiles 9M120 Ataka-T.

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Un T-15 doté d’un module AU-220M modifié. Photo@SaidAminov.

Caractéristiques du module de combat AU-220M:

  • Portée de tir maximale: 14,5 Km
  • Plafond de tir maximal: 7500 m
  • Cadence de tir: 80 cps/min
  • Dotation en munitions: 80 obus et 500 cartouches
  • Élévation du canon: -5/+60°
  • Masse totale du module (équipements et munitions inclus): 3650 Kg
  • Protection (sur l’arc frontal): contre les munitions APDS de 25 et 30 mm à 500 m
  • Protection (tous azimuts): contre les munitions perforantes de 7,62*54 mm et 7,62*51 mm OTAN

De cette manière, le T-15 Armata serait tout à fait capable de soutenir la progression des blindés en ville tout en protégeant au maximum les soldats d’infanterie embarqués, sans oublier la capacité à lutter contre les drones avec le module AU-220M et pourrait donc parfaitement prendre la place du BMPT.

Il se pourrait alors que le futur du Terminator-3 s’inscrive justement avec le T-15; en effet, en décrivant ce qui serait la nouvelle organisation des groupes tactiques blindés basés sur la plate-forme Armata; Vyacheslav Halitov, le directeur adjoint de la société UralVagonZavod, a indiqué que ces groupes pourraient comprendre des véhicules analogues au BMPT et que celui-ci serait basé sur le T-15, le compartiment destiné aux soldats embarqués étant alors employé pour permettre un plus grand emport en munitions: où comment concevoir un « nouveau » véhicule sans modifications majeures.

Dans cette optique, les BMP T-15 auront pour tâche de transporter et d’appuyer l’infanterie mécanisée tandis que les Terminator-3, plus résilient sur le terrain du fait d’une plus grande dotation en munition et n’ayant pas à « gérer » un groupe d’infanterie embarquée, pourront se focaliser pleinement sur le rôle de « garde du corps » des T-14 (bien que ces engins ne dispenseront en aucun cas de la coopération avec l’infanterie).

Conclusion

Pensé dès la fin de la guerre d’Afghanistan et précisé au sortir de la Première guerre de Tchétchénie, le concept du BMPT est particulièrement atypique et devait alors répondre à la problématique de développer un engin de couverture pour les chars de combat lors des opérations urbaines en complément de l’infanterie, certes irremplaçable mais particulièrement vulnérable lors des phases de déplacement et de transport du fait de la très (trop) faible protection apportée par les BMP.

C’est ainsi que fut conçu sur la base des chars de combats T-90 et T-72 un blindé lourd bardé d’armement en tout genre -des canons automatiques aux missiles anti-char, sans oublier les lances-grenade, pour lutter efficacement contre les menaces anti-chars tout en ayant lui-même une protection importante pour encaisser les armes anti-chars de l’infanterie adverse.

Toutefois, malgré le besoin ressenti pour un tel véhicule, le BMPT eu une histoire des plus mouvementée; blindé trop atypique et ne sachant pas vraiment comment l’intégrer dans les forces russes pour certains, obsolète dès le départ pour d’autres, toujours est-il que le BMPT a souffert de sa spécialisation (bien que le véhicule ne soit pourtant pas restreint aux combats urbains), ce qui a bloqué sa mise en service initiale au début de la décennie en cours. Il aura fallu attendre le déploiement d’un BMPT en Syrie pour que l’intérêt de ce blindé saute aux yeux des décideurs militaire, bien qu’il faille encore attendre la fin des tests opérationnels en 2019 pour connaître la décision le concernant -production à grande échelle ou abandon du programme?-.

Par ailleurs, si l’armée russe à longuement hésité à acquérir ce blindé, le constat peut se transposer à l’exportation puisque à l’heure actuelle, seul un pays a commandé un petit lot de Terminator -le Kazakhstan-, tandis que si l’Algérie semble avoir commandé près de 300 BMPT-72 en 2016 bien que rien n’indique pour le moment que la commande ait réellement été signée au vu du peu d’informations la concernant: le rôle spécifique du BMPT ayant pu gêner son exportation, bien qu’une variante dédiée ait été crée, à savoir le BMPT-72, et qu’encore une fois, le BMPT peut tout à fait opérer en terrains ouverts et peut être employé autrement qu’en simple « garde du corps » des chars.

Alors que le concept lui-même et les retours d’expériences qui ont mené au développement du BMPT peuvent être considérés comme étant cohérents et logiques en tant que tel, la question qui se pose est donc de savoir si l’avenir de cette classe de véhicule blindé doit effectivement se transposer sous la forme d’un blindé spécialisé dans ce rôle ou non, surtout au vu des véhicules blindés en cours de développement; le véhicule de combat d’infanterie lourd T-15 pourrait par exemple tout à fait remplir ce rôle, moyennant quelques modifications.

Et nous aurons donc tout le loisir de suivre l’avenir du BMPT et des problématiques le concernant sur ce blog.

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Le BMPT, un concept atypique dont nous aurons pleinement l’occasion de suivre son évolution. Photo@Vitaly.V.Kuzmin.

5 réflexions sur “[Dossier] Le BMPT Terminator: la « garde rapprochée » des chars de combat

  1. bonjour,
    Comme à l’habitude un article passionnant!

    Petite précision, l’ANP (Armée Algérienne) à annoncée que le 1er lot de vhl’s de combat BMPT-72 Terminator est opérationnel.
    Infos communiquées par l’ANP en même temps que l’entrée en service des TOS-1A sur la base de Ouargla (prés de la frontière Libyenne).
    Infos publiée par RAIDS dans sont numéro de 388 de nov 2018.

    J'aime

    • cela confirme d’ailleurs votre opinion sur le fait que le BMPT 72 à bien été développé pour l’export en particulier l’Algérie et sa demande d’un Terminator à 3 membres d’équipage.

      Cordialement.

      J'aime

      • Bonsoir,

        Tout d’abord, merci pour le commentaire.

        Pour ce qui est des BMPT au sein de l’ANP, j’ai vu quelques maigres informations à ce sujet mais rien de plus pour le moment, contrairement aux TOS-1A qui ont pu être observé lors de manœuvres d’entraînement. Donc pour le moment, je préfère attendre plus d’informations avant de modifier.

        Ensuite, il est clair que le BMPT-72 ait été pensé pour l’export, l’équipage composé de cinq personnes sur le modèle original étant (trop?) atypique pour les utilisateurs traditionnels de blindés russes et anciennement soviétiques tout en étant moins coûteux (il reprend un châssis déjà fabriqué).

        P.S. : ça vient de tomber, l’agence TASS semble confirmer (bien que le Service fédéral de coopération militaro-technique n’ai pas commenté la chose) une commande de « plusieurs centaines » de BMPT par un pays africain (en toute logique l’Algérie) en cours de livraisons.

        https://tass.ru/armiya-i-opk/5897733

        J'aime

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