[Dossier] MiG-31BM, bientôt 100!

C’est en date du 28 novembre 2016 que le 22ème IAP de Tsentralnaya Uglovaya (Primorsky kray) a pris livraison de trois MiG-31BM supplémentaires.

Codés respectivement « 82, 83 et 99 Bleu » les appareils ne sont pas les premiers MiG-31BM mis en service par cet escadron d’Extrême-Orient. En effet, en décembre 2015 le 22ème IAP reçu les MiG-31BM « 94 à 96 Bleu » et en mars 2016 les « 97 et 98 Bleu ».

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Tout beau, tout neuf « presque » comme au premier jour, le MiG-31BM « 82 Bleu » est vu ici en phase d’atterrissage. Photo@Russianplanes.net

Bien que cette arrivée ne change pas fondamentalement l’ordre de bataille des VKS, si on inclut les 3 MiG-31BM en question dans le décompte total des appareils modernisés: il s’agit des 95ème, 96ème et 97ème MiG-31B(S) portés au standard MiG-31BM.

Inutile de dire qu’avec encore 16 appareils prévus en modernisation, le nombre symbolique de 100 appareils portés à ce standard sera vite atteint.

La modernisation des MiG-31 au standard MiG-31BM est encore « récente » au sein de la Russie; le premier appareil n’étant sorti des chaînes qu’en date du 20 mars 2008. Cependant, comme toujours dans le domaine: l’historique de cette modernisation ne fut pas un long fleuve tranquille.

MiG-31, rétroactes

Avant de regarder d’un peu plus près la modernisation de l’appareil, commençons par nous intéresser au MiG-31.

Le MiG-31 Foxhound est un intercepteur « lourd », capable d’atteindre Mach 2,83 (3.000 Km/h) et dont les missions principales sont d’assurer l’interception des bombardiers américains et des missiles de croisière susceptibles d’attaquer l’URSS ainsi que d’assurer l’escorte à long-rayon d’action des bombardiers soviétiques. Ils ont une endurance sans ravitaillement conséquente ainsi qu’une capacité à travailler soit en petits groupes soit en étant guidé du sol tout en disposant d’un radar puissant leur permettant de couvrir une zone la plus large possible.

C’est l’intercepteur idéal pour des zones faiblement défendues telle que la Sibérie. Bien évidemment, les caractéristiques de cet appareil (vitesse, rayon d’action) ont été obtenues aux détriments d’autres (maniabilité et capacité en combat rapproché). Le MiG-31 a été conçu – partiellement – en réaction au MiG-25 Foxbat dont il était censé assurer le remplacement.

Le MiG-25, conçu pour assurer l’interception des appareils à très haute vitesse (SR-71 Blackbird et ex-futur XB-70 Valkyrie) ou à très haute altitude (U-2), souffrait de pas mal de défauts dont notamment une propension à détruire ses moteurs en cas d’exploitation proche de sa vitesse maximale autorisée ainsi que d’une cellule lourde et d’une électronique ancienne et limitée.

C’est une résolution du gouvernement soviétique datée du 24 mai 1968 qui lance officiellement le programme de MiG-31, ce dernier ayant pour but de remplacer le MiG-25. Le premier vol du prototype MiG-25MP (alias Ye-155MP ou Izd.83) eut lieu le 16 septembre 1975. Les premiers appareils de série (alias Izd.01) sorti d’usine à partir de décembre 1976. Ils se différenciaient des deux prototypes par différentes modifications aérodynamiques.

Produit à l’usine Sokol de Nizhny Novgorod entre 1976 et 1994, pas moins de 519 MiG-31 et variantes y seront construits. On dénombre 349 MiG-31, 101 MiG-31DZ (pouvant être ravitaillé en vol) et 69 MiG-31B (avionique améliorée et ravitaillement en vol) sortis des chaînes avant la fermeture de celles-ci. L’appareil a été mis en service uniquement au sein de l’URSS et malgré des tentatives d’export d’une variante dénommée MiG-31E, le MiG-31 est toujours en service en Russie et au Kazakhstan (qui en a hérité lors de la chute de l’URSS).

On dénombre actuellement environ 130 MiG-31 en service au sein des VKS et environ le même nombre d’appareils stockés qui servent principalement de donneurs d’organes pour les appareils en exploitation. A noter qu’en cas de besoin, une partie des appareils stockés pourraient être remise en service, après évaluation de leur état.

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Prototype de la variante export du MiG-31, le MiG-31E. Photo@auteur inconnu

L’armée de l’air du Kazakhstan dispose également de 29 MiG-31, ces appareils sont basés sur l’aéroport de Sary-Arka et leur mission principale est d’assurer la défense d’Astana et d’Almaty. Bien que les appareils kazakhs soient toujours en état d’origine, des informations récentes font part du fait qu’une modernisation des appareils au standard MiG-31BM est en discussion actuellement.

De nombreuses rumeurs d’une vente de 6 MiG-31 à l’armée de l’air syrienne se sont toujours révélées être non-fondées. Ces dernières ont de quoi laisser perplexe vu les missions types du MiG-31, la taille de la Syrie et ses besoins opérationnels…

MiG-31, un peu de technique

Pour en revenir au MiG-31, l’appareil ne peut pas être appréhendé dans son entièreté sans se pencher rapidement sur ses deux éléments constitutifs les plus importants: le missile R-33 et le radar Zaslon.

Le radar N-007 Zaslon (on parle aussi de BRLS-8BV) est le premier radar PESA (Passive Electronically Scanned Array) embarqué sur un intercepteur/chasseur. Ce radar, mis au point par l’institut Tikhomirov, dispose d’une antenne de grande dimension capable de traquer un appareil à 120 Km de distance, de suivre 10 appareils en même temps et de gérer 4 attaques de manière simultanée et enfin: le MiG-31 dispose du système de communication APD-518 qui lui permet de transférer les cibles détectées à d’autres MiG-31 et/ou A-50(U), d’où la possibilité de « chasser en meute » avec plusieurs MiG-31.

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Le radar Zaslon, le moins que l’on puisse c’est qu’il est « imposant »! Photo@KeyPublishing forum

Le missile R-33, mis au point par Vympel, est l’arme taillée sur mesure pour le MiG-31. Il s’agit d’un missile air-air à long rayon d’action disposant d’un guidage radar partiel et qui ressemble à l’AIM-54 Phoenix.

On ne peut pas envisager le MiG-31 sans le R-33: en effet, cet appareil pouvant en emporter 4 dont 2 « semi-encastrés » montés sur des éjecteurs AKU-140 entre ses tuyères, se révèle être l’arme parfaite pour augmenter encore un peu plus le rayon d’action déjà imposant de l’appareil. Pesant 490 Kg, d’une longueur de 4,1m, disposant d’une charge de 47,5 Kg; le R-33 est un missile hypersonique volant à Mach 4,5 et il a une autonomie variante de 120 à 160 Km (en fonction des profils de vol).

En fait, l’histoire n’est qu’un éternel recommencement: le MiG-25 avait « son » missile: le R-40, le MiG-31 aura le sien également: le R-33.

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On voit bien l’implantation des 4 R-33 dont 2 « semi-encastrés » en position ventrale sur le MiG-31BM « 50 Rouge ». Photo@Russianplanes.net

D’abord connu sous le nom de K-33 (ou Izd.410), les deux premiers prototypes du missile seront déjà testés en 1968. Sans rentrer dans les détails signalons que les tests du nouveau missile s’étaleront pendant 10 ans sur des MiG-21 et MiG-25 modifiés et que le missile sera accepté au service actif, en même temps que son vecteur en date du 6 mai 1981.

Doté d’un radar puissant, d’un rayon d’action très large et d’un missile taillé sur mesure: le MiG-31 devenait ainsi le « weapon of choice » des VKS pour la couverture de ses grands espaces désertiques d’Extrême-Orient et du Nord.

Il faut quand même parler du fait que le MiG-31 a vu ses performances réduites en matière de vitesse durant plusieurs années car les verrières ne pouvaient plus supporter les vitesses élevées de l’appareil. En l’absence de verrières de remplacement, la flotte a été limitée à Mach 1,5 pendant plusieurs années… Faisant ainsi perdre un des avantages principal de l’appareil: la vitesse.

Le probleme a été réglé au début de 2016 avec la production d’un nouveau lot de verrières neuves pouvant supporter les vitesses maximales admises par l’appareil.

MiG-31BM, présentation de la modernisation

Selon la coutume soviétique, tout appareil dont la production de série venait d’être lancée devait avoir une version modernisée en cours de développement. La version MiG-31M (Izd.05, Foxhound B) effectua son premier vol le 21 décembre 1985; cette variante dotée d’une cellule renforcée et d’un emport en carburant augmenté de deux tonnes disposait d’un radar Zaslon M aux capacités améliorées, d’un emport de possible de 6 K-37 et de 4 K-77 en lieu et place des R-33 et R-60 (pour la protection rapprochée).

Bien que 7 prototypes furent réalisés, la fin de l’URSS  signifia purement et simplement la disparition de la variante en question.

Il faudra attendre janvier 1999 pour voir, sur base d’une initiative privée, la première émanation du MiG-31BM (Bolshaya Modernizatsiya = Grande Modernisation) mise au point par Russkaya Avionika. Suite à des changements dans les sociétés concernées par ce projet de modernisation ce dernier sera abandonné purement et simplement. C’est la deuxième « version » du standard MiG-31BM, dont le premier vol eut lieu en septembre 2005 (appareil codé « 58 Bleu »), qui formera le standard de modernisation que nous connaissons actuellement.

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MiG-31BM « 38 Rouge » en attente de ravitaillement. Photo@Russianplanes.net

Le prototype « 58 Bleu » sera suivi rapidement par le « 60 Bleu » qui serviront d’appareils « cobayes » pour l’établissement du standard de modernisation MiG-31BM. Après de nombreux tests pour les VKS, c’est en novembre 2007 que le standard définitif pour les VKS sera gelé et que les premières commandes pourront être passées.

Deux usines vont être chargées de la mise à jour des MiG-31: l’usine Sokol de Nizhny Novgorod (où étaient produits les MiG-31) et 514 ARZ de Rzhev. Plusieurs contrats ont été signés par le ministre de la défense relatifs au MiG-31BM:

  • En date du 1er avril 2007 et portant sur 12 appareils (Sokol)
  • En date du 1er août 2011 et portant sur 60 appareils (Sokol)
  •  En date du 21 novembre 2014 et portant sur 53 appareils (Sokol + ARZ-514)

La modernisation du MiG-31 poursuivait un objectif assez simple : rendre l’appareil « crédible » jusqu’à l’horizon 2020-2025. C’est à cet horizon que le remplacement du MiG-31 est prévu par un programme répondant au « doux » nom de PAK DP, on parle parfois de MiG-41 mais cette dénomination n’a strictement rien d’officiel.

La modernisation se concentre sur deux éléments :

1. Le système d’armes (principalement le radar) et les armes emportées. Le radar Zaslon, bien qu’en avance pour son époque, a vieilli avec l’appareil et l’ajout de nouvelles capacités de détection et de suivi devenaient obligatoires devant l’émergence de nouvelles menaces et armes.

La modernisation du Zaslon au standard Zaslon AM porte principalement sur les capacités de calcul du radar et de traitement de l’information au lieu de voir un changement d’antenne, de plus : l’officier du système d’armes (installé en place arrière) voit les affichages dont il dispose être remplacés par deux grands écrans LCD qui permettent une gestion plus fine des informations collectées par le radar.

Au nouveau standard Zaslon AM, le radar peut assurer le suivi de 24 cibles et procéder à l’engagement de 6 cibles simultanément. La portée de détection des cibles aériennes de grande taille passe de 120 à 240 Km.

2. L’armement; alors que le MiG-31 emporte le missile R-33 pour les tirs à longue distance et le R-60 pour sa protection « rapprochée », le MiG-31B emporte une variante améliorée; le R-33S. Le prototype de MiG-31M, dont nous avons parlé auparavant, pouvait emporter les K-37 (devenus R-37 par la suite) ainsi que les K-77 (pour la protection rapprochée).
Le R-37 est une variante modernisée du R-33 qu’il est censé remplacer dans l’arsenal du MiG-31BM. Ce missile doté d’une charge de 60 Kg et pouvant atteindre Mach 6 à pour mission de détruire, tout en restant à distance de sécurité, les cibles de haute valeur tel que les AWACS ou les ravitailleurs. Le développement du missile débuta en 1983 et il a suivi les aléas de l’histoire contemporaine. Son développement fut suspendu en 1998 malgré des tests prometteurs avec destruction d’une cible à plus de 300 Km de distance!

Le programme a été relancé sous le nom de R-37M (ou RVV-BD) en 2006 avec le but d’équiper le MiG-31BM et le Su-35S alors en phase de définition. Le missile a un rayon d’action de 200 Km.

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Un RVV-BD exposé à un salon d’armement. On voit bien la « taille » du missile. Photo@f-16.net

En vue d’assurer la protection air-air rapprochée de l’appareil, le MiG-31 pouvait emporter le R-60 sur des pylônes sous voilure ou des R-40. Le MiG-31BM peut lui emporter des R-73 en remplacement ainsi qu’à terme des R-77-1. Pour ce faire les pylônes sous voilure ont été remplacés par un nouveau modèle plus petit permettant l’emport des missiles en question.

On le voit donc, le passage au MiG-31BM permet de disposer d’un arsenal beaucoup plus moderne et efficace avec une protection rapprochée et un arsenal à longue distance bien plus redoutables. On ne parlera pas du canon intégré à l’appareil: son incapacité à effectuer du combat rapproché enlève presque toute utilité à ce dernier.

A titre informatif, on peut également indiquer qu’il faut compter environ 600 millions de Roubles/appareil (environ 12 millions de dollars) pour la révision générale de l’avion et sa mise à jour. L’usine Sokol est capable de prendre en main 12 appareils annuellement et ARZ-514 peut en prendre entre 6 et 8.

Le MiG-31BM, une modernisation incomplète?

Cependant si la modernisation est menée tambours battants, elle soulève plusieurs questions à son sujet. En effet, bien que les capacités de l’appareil soient améliorées, il reste de grosses lacunes dans les équipements de l’appareil.

C’est Yury Bely, le directeur général de l’institut Tikhomirov NIIP qui soulève en août 2014 le fait que la mise au point du MiG-31BM a été délicate – dans la mise au point du Zaslon AM et l’intégration des nouveaux armements – et qu’elle est incomplète sur plusieurs points.

Bien que cette déclaration soit à prendre avec les réserves d’usage; n’oublions pas qu’il défend son institut et cherche donc à assurer une charge de travail supplémentaire, il soulève plusieurs points qui sont pertinents et qui font relativiser la « force de frappe » relative de l’appareil;

1. Absence de MAWS (Missile Approach Warning System), absence de leurres thermiques, absence d’un système de contre-mesures électroniques moderne.

2. Affichage des informations pour le pilote et l’opérateur du système d’armes complètement antédiluvien. Le cockpit de l’appareil ressemble à un patchwork où les systèmes d’origine côtoient les systèmes plus modernes sans aucune considération pour l’ergonomie et la charge du travail de l’équipage. La modernisation aurait dû être l’occasion de repenser en profondeur les cockpits en vue de faciliter l’emploi (et par truchement l’efficacité) de l’appareil.

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Cockpit (pilote) d’un MiG-31BM… difficile d’y voir une touche très « moderne », excepté l’écran LCD à droite. Photo@Pinterest

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Cockpit (Officier Système d’Armes) du MiG-31BM… On repassera pour l’ergonomie. Photo@RussiaDefence.net

3. Maintien de l’IRST rétractable d’origine (8TP), absence d’un système opto-électronique d’identification à longue distance et conservation du système de navigation d’origine légèrement modifié.

4. Aucun travail sur les réacteurs et leur consommation.

Si la Russie essaie de tirer un maximum du potentiel des cellules dont elle dispose tout en respectant un cadre budgétaire serré; il est quand même assez curieux de voir que cette « modernisation » souvent mise en avant n’en est pas une.

Il est indéniable que l’appareil a reçu une mise à jour de ses capacités – plus que nécessaire, ceci dit – dans le cadre de sa révision générale mais il y a aussi une nette impression de travail au rabais qui se dégage où une partie des travaux requis (l’absence de contre-mesures modernes et basiques a de quoi laisser perplexe pour un appareil engagé en 1ère ligne en 2016!)

Mais – parce que oui, il y a toujours un « mais » – le MiG-31BM n’est pas une version définitive. En effet, il est apparu récemment que la mise à jour au standard MiG-31BM n’était pas définitive. De source russe fiable, un MiG-31BM codé « 06 Rouge » est sorti de modernisation en 2016 et ce dernier représenterait une sorte de « MiG-31BM V2.0 » doté de plusieurs systèmes modifiés et d’autres nouveaux.

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Le MiG-31BM « V2.0 » codé « 06 Rouge ». Photo@Alexei Karpulev

Malheureusement, les VKS se retranchent dans un silence complet sur cette question. Bien qu’il n’y ait pas d’informations qui filtrent, lorsque l’on voit une photo de l’appareil en question: plusieurs antennes et bossages « nouveaux » par rapport aux appareils mis à jour antérieurement sont présents sans qu’il ne soit possible de tirer des conclusions sur les modifications en question.

Il semble cependant se confirmer, via Piotr Butowski, que l’emport des R-77-1 et K-77M est envisagé pour le MiG-31BM ainsi que des améliorations au software du Zaslon AM, un nouvel IRST, un nouveau système d’auto-défense Vitebsk L370K31 ou un Kedr-29-31 ainsi qu’un nouveau système de navigation KSU-31.

SI ces projets sont réalisés, alors le MiG-31BM deviendrait enfin la version la plus pointue des MiG-31; donnant à cet intercepteur unique de par le monde la place qui lui revient de droit: un appareil puissant et racé doté de tous les équipements nécessaires pour assurer la défense des vastes étendues désertiques russes.

Selon une formule qui deviendra bientôt consacrée sur ce blog… Nous aurons l’occasion d’y revenir.

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