[Dossier] Les croiseurs de bataille de la classe Kirov

Lorsqu’il s’agissait de jouer la course au gigantisme; l’URSS finissait rarement en dernière position. Les croiseurs à propulsion nucléaire de la classe Kirov sont symptomatiques de cette époque; de part leurs dimensions générales et leurs emports offensifs ces navires étaient des géants qui restèrent uniques en leur genre. Il ne s’agit ni plus ni moins des plus grands navires militaires de surface au monde (hors porte-avions).

Certes, ils furent conçus et pensés pour répondre à des besoins opérationnels précis mais leur arrivée força l’US Navy à réévaluer la mise à la retraite planifiée de certains bateaux (les cuirassés de la classe Iowa). Ils faisaient partie intégrante des projets de l’Amiral Sergey Gorshkov ayant pour but de doter la Russie d’une véritable capacité de projection et de déploiement à travers les océans (Blue Water Navy).

Bien que produits en quantité limitée; ces navires sont toujours (partiellement) en service au sein de la Marine Russe. L’un d’entre-eux ayant été récemment déployé en compagnie du porte-aéronefs Admiral Kuznetsov au large des côtes syriennes; profitons de l’occasion pour nous pencher sur ces croiseurs de bataille et leur histoire.

La Classe Kirov, rétroactes

C’est à la fin des années 1960 que l’URSS lance un projet de navire à propulsion nucléaire devant prendre en charge la chasse au sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE); le navire portait le nom de code « Fougas » et le numéro de projet 1165 (Izd.1165). Ce dernier était initialement prévu pour emporter entre 40 missiles anti-navires P-700 Granit auxquels vinrent s’ajouter en cours de développement des missiles S-300F chargés d’assurer la défense antiaérienne du navire.

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Au même moment, la Marine Soviétique débuta les études relatives à un nouveau navire à propulsion nucléaire ayant pour mission d’assurer la protection des SNLE soviétiques. Ce bateau d’un déplacement de 9.000 tonnes devait atteindre une vitesse de 40 noeuds. Répondant au nom d’Orlan et portant le numéro de projet 1144 (Izd.1144) il devait disposer d’un vaste arsenal comprenant des S-300F, une artillerie de 30 et 100 mm, et des missiles P-120 Malakhit. Dans la présentation préliminaire du projet en 1969, les autorités soviétiques parlaient de « Grand navire à propulsion nucléaire anti sous-marin », il deviendra ensuite « Croiseur à propulsion nucléaire anti sous-marin » lors de la présentation du cahier des charges en 1970.

Il ne faut pas être grand technicien que pour voir les fortes similitudes entre les deux projets; c’est pourquoi en août 1971 le gouvernement soviétique décide de fusionner les deux projets pour créer une plate-forme unique de plus grande taille pouvant assurer l’ensemble des missions envisagées.

Le numéro de projet 1165 disparaît et c’est sous le numéro de projet 1144 que les travaux de développement vont continuer.

Dans le cadre de cette fusion, les projets initiaux vont connaître une sérieuse cure de croissance; on passe des premières ébauches à 9.000 tonnes de déplacement à des projets disposant de 24.000 tonnes de déplacement!

Le développement du nouveau navire est confié au bureau северное пкб sous l’égide de B.I Koupenskiy et de V.A Perevalov; le design progresse rapidement et ce dernier est terminé en 1973.

Les plans prévoient la construction de 5 navires dont certains seront construits à un standard mieux armé: c’est le projet 1144.2. Nous y reviendrons plus loin.

C’est le chantier naval n°189 Baltiskiy de Léningrad qui est chargé de la production des navires et il ne faudra pas longtemps pour voir le premier navire mis sur cales.

Aperçu des navires de la Classe Kirov

Quatre navires sont ainsi produits entre 1974 et 1986 et le cinquième prévu dont la construction fut entamée ne survivra pas à la disparition de l’URSS.

Passons en revue les différents navires de cette classe;

L’Admiral Ushakov (Адмирал Ушаков), ancien Kirov. La tête de série de la classe 1144 est mise sur cale en date du 26 mars 1974 avant d’être lancé à la mer le 27 décembre 1977. Le temps de construction fut fort rapide pour un navire de cette taille et de cette technologie et ses tests de validation furent également rapides; le bateau fut admis au service au sein de la Flotte du Nord en date du 30 décembre 1980.

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Le Kirov (numéro de coque 065) vu ici vers 1983. Photo@wikipedia.com

Après avoir été longtemps employé dans la Baltique le navire est déclaré inopérant en 1990 suite à un accident au réacteur intervenu en Méditerranée. Les réparations nécessaires n’ont pas été effectuées vu la situation politique et économique de l’époque. En 1992, le Kirov devient l’Admiral Ushakov.

En 1998, la marine russe décide de mettre le bateau de côté et de l’employer pour fournir des pièces aux autres navires de sa classe. Cependant peu de temps après, en date du 14 janvier 1999, la Douma vote la réparation et remise en état du navire en employant des fonds prévus pour d’autres projets!

La remise en état du bateau est estimée à 100 millions d’USD et environ 10 millions d’USD sont dépensés dans la remise en état du navire avant que la Marine Russe décide de jeter définitivement l’éponge en décidant de se séparer de ce dernier en 2001. Vu l’ampleur des travaux à réaliser ainsi que leur coût estimé, cette décision qui peut sembler absurde reste assez cohérente. Gageons néanmoins que l’argent dépensé n’a pas été perdu pour tout le monde…

Le navire a été placé au chantier naval Zvezdochka depuis 2003 où il attend d’être démantelé. La Norvège craignant que le combustible nucléaire ne vienne finir sa vie discrètement dans les eaux locales; un budget de 40 millions d’USD a été alloué pour la récupération et le traitement du combustible.

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L’Admiral Ushakov aux chantiers naval Zvezdochka. Photo@Google Earth

Comme on peut le voir ci-dessus, le navire est actuellement en cours de démantèlement avec le travail se concentrant principalement sur les structures externes du bâtiment.

Le navire a, au cours de sa carrière, porté les numéros de coque suivants: 181 (1980-1981), 076 (1981-1982), 065 (1983-1985), 052 (1986), 092 (1989), 090 et 059 (??).

L’Admiral Lazarev (Адмирал Лазарев), ex Frunze est mis sur cale le 26 juillet 1978 pour un lancement en date du 26 mai 1981. Le navire est admis au service actif en date du 31 octobre 1984 au sein de la Flotte du Pacifique. Il change de nom en 1992.

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Le Frunze survolé par un P-3B Orion. Oui, c’était ça aussi la Guerre Froide. Photo@navsource.narod.ru

L’Admiral Lazarev est mis hors service en 1997 suite à l’absence de fonds pour le maintenir en état opérationnel. En 2004-2005, le combustible nucléaire est enlevé du navire et ce dernier est stocké près de Vladivostok en attente des budgets pour le remettre en état.

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L’Admiral Lazarev placé en « réserve » près de Fokino dans le Primorsky Krai. Photo@Google Earth

En 2011, le MoD Russe annonce qu’il envisage de rénover et remettre en service actif l’Admiral Lazarev. Cette annonce ne fut pas suivie d’effets.

Cependant, le navire est maintenu en état de stockage « bon état » (il a bénéficié d’une nouvelle peinture en 2014!) près de Fokino dans le Primorsky Krai. Son futur est actuellement toujours indéterminé même si les autorités Russes ne cachaient pas le fait que vu l’état du bateau, il serait très onéreux de le remettre en service.

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L’Admiral Lazarev au mouillage à Fokino en 2013. Photo@militaryrussia.ru

Au cours de sa vie opérationnelle, il a porté le numéro de coque 190 (1985), 050 (1985-1986), 014 (1987-1988), 028 (1989), 010 (1990) et 015 (2007).

L’Admiral Nakhimov (Адмирал Нахимов), ex Kalinin est mis sur cale le 21 juillet 1983 avant d’être lancé le 26 avril 1986 pour finalement être admis au service actif en date du 30 décembre 1988. Le navire sera affecté à la Flotte du Nord et le 22 avril 1992, il change de nom à l’instar des autres navires de sa classe.

L’Admiral Nakhimov est placé en réserve (toujours pour les mêmes raisons budgétaires) en 1999 à Severodvinsk. Contrairement aux autres navires, la décision est prise en 2006 de le remettre en service.

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L’Admiral Nakhimov avant son entrée en modernisation. Photo@Sputniknews

Les travaux vont s’avérer long et complexe; le cœur des réacteurs nécessitant d’être remplacé et l’intégralité des systèmes embarqués ainsi que les armements du navire sont appelés à être remplacés ou modernisés. C’est le chantier Sevmash qui est chargé de la réalisation des travaux.

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L’Admiral Nakhimov en cours de modernisation aux chantiers Sevmash. Photo@Google Earth

En 2011, la direction du chantier naval Sevmash interrompt les travaux vu l’absence d’un standard de modernisation clair et précis! En attendant que la Marine détermine ce qu’elle veut, les travaux sont interrompus et ne reprennent qu’en 2014 une fois le standard défini et un contrat de modernisation signé.

Les travaux sont (enfin, diront certains…) menés à un bon rythme et le chantier Sevmash a annoncé avoir terminé l’enlèvement des anciens équipements en date du 2 novembre 2015.

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L’Admiral Nakhimov en cours de modernisation aux chantiers Sevmash. Photo@Oleg Kuleshov

A l’heure actuelle, la Marine Russe prévoit toujours de récupérer le navire modernisé en 2020. La vie opérationnelle de l’Admiral Nakhimov est prévue pour être de 35 à 40 années supplémentaires après la modernisation.

Au cours de sa carrière, il a porté les numéros de coque suivants; 180 (1989), 064 (??), 085 (1991) et 080 (??).

Le Piotr Velikiy (Пётр Великий), ex Youri Andropov est mis sur cale le 11 mars 1986, lancé le 29 avril 1989 pour une mise en service… le 9 avril 1998! En effet, le navire est né en URSS et il a été mis en service en Russie. Avec toutes les conséquences que ça implique.

Bien que prévu initialement pour rejoindre la Flotte du Pacifique, c’est au sein de la Flotte du Nord qu’il fut mis en service. Cependant, vu les coûts d’exploitation et la disparition des principales missions de cette classe de navire; il ne sera que très peu employé et passera le plus clair de son temps à quai au port de Severomorsk.

Une controverse – rapidement éteinte – éclata en mars 2004 suite à une déclaration du chef de la Marine Russe qui affirma que le Piotr Velikiy était en tellement mauvais état qu’il pouvait exploser à tout moment… Avant de retirer ses propos quelques heures plus tard.

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Le Piotr Velikiy vu ici dans son état actuel. Photo@Pinterest

Peu importe le bien fondé ou non de cette déclaration; toujours est-il que le Piotr Velikiy a été mis sur cales dans le dock flottant PD-50 de Roslyakovo en date du 19 avril 2004 pour « réparations et remises en peinture des parties submergées »… Il sera finalement remis en service en juillet 2004 au sein de la Flotte du Nord avant d’être déclaré apte au service de première ligne en août 2004.

Depuis lors, il a effectué plusieurs sorties et déploiements (toujours très médiatisées) notamment vers le Venezuela et l’Afrique du Sud en 2008-2009, vers la Syrie en 2010, en 2014 il fut déployé en couverture du porte-aéronefs Admiral Kuznetsov.

Le dernier déploiement en date du Piotr Velikiy fut également en soutien de l’Admiral Kuznetsov lorsque ce dernier fut envoyé le long des côtes syriennes. Ce déploiement eut lieu entre le 15 octobre 2016 et février 2017. Il s’agissait de son premier déploiement en mer depuis 2014.

Il est actuellement prévu que le navire entre en rénovation au chantier naval Sevmash une fois que l’Admiral Nakhimov sera terminé. Selon les dernières estimations, le Piotr Velikiy entrerait alors en rénovation en 2020 pour une sortie vers 2022-2023.

Une fois cette rénovation terminée, les VMF disposeraient donc de deux « Kirov » modernisés et aptes à servir encore 30 à 40 ans!

Le Piotr Velikiy a porté les numéros de coque 183 (1995-1997) et 099 (2004-2017).

Le cinquième navire de la classe Kirov devait initialement porter le nom de Amiral de la Flotte d’URSS Kuznetsov, nom qui sera ensuite changé en Oktyabrskaya Revolutsiya, pour finalement devenir le Dzerzhinski et enfin le Kuznetsov.

Le navire a changé souvent de nom cependant ça ne lui sera d’aucune utilité: il ne verra jamais la mer, sa construction ayant été abandonnée en date du 4 octobre 1990.

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La Classe Kirov, présentation technique

Repris dans la catégorie des croiseurs de bataille, les Kirov sont – pour les Russes – des « Croiseurs lourds à propulsion nucléaire lanceurs de missiles guidés » (тяжёлый атомный ракетный крейсер).

Il faut noter qu’il n’y a pas une classe de Kirov mais bien deux; il s’agit des Izd. 1144 et Izd. 1144.2. Si les différences entre les deux types ne sont pas fondamentales (les dimensions générales étant identiques); les différences résident dans les équipements embarqués.

La Classe Kirov a d’abord été conçue en vue d’assurer la lutte anti sous-marine principalement en ce qui concerne les SNLE, cependant ses missions ont été revues et modifiées durant la mise au point du projet.

Actuellement, les missions d’un navire de la classe Kirov sont les suivantes:

  1. Offrir une large bulle de protection anti-aérienne aux navires accompagnés
  2. Assurer le suivi et l’engagement des portes-avions et de leur groupe aéronaval
  3. Assurer la lutte anti sous-marine

Les équipements embarqués ont donc été conçus et pensés en vue de remplir lesdites missions.

De plus et histoire de complexifier un peu les choses; chaque navire de la classe Kirov dispose de légères variations dans les équipements embarqués; c’est pourquoi l’énumération des armements qui va suivre va essayer d’être la plus précise possible bien que parfois un peu déroutante.

Dimensions générales

Les Kirov sont des navires aux dimensions impressionnantes; d’une longueur de 251 m, et d’une largeur maximale de 28,5 m, leur tirant d’eau est de 10,33 m. Le déplacement standard est de 24.300 tonnes (24.650 tonnes dans le cas des Izd. 1144.2) tandis que le déplacement en pleine charge passe à 28.000 tonnes.

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Vue générale du Kirov, tête de série de la classe homonyme.

Le mât du navire est imposant, son radar supérieur culminant à près de 50 m de hauteur! Signalons d’ailleurs que les cheminées sont intégrées dans le mât de manière à ne pas perturber le fonctionnement du radar.

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Cette vue arrière d’un Kirov permet de mieux voir le positionnement des cheminées intégrées dans le mât principal. Photo@modernwartech.blog.hu

Propulsion

La propulsion est un système mixte (COmbined Nuclear And Steam = CONAS) qui repose sur 2 réacteurs nucléaires à eau pressurisée du type KN-3 de 300 MW auxquels s’ajoutent deux turbines vapeur GTZA-653 de 70.000 Cv et enfin deux chaudières auxiliaires au mazout le tout entraînant deux arbres disposant chacun d’une hélice (à 5 pales).

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Hélices du Kirov. Photo@shipmodels.info

Lorsque le système est opéré sur base des réacteurs nucléaires combinés aux chaudières auxiliaires la vitesse maximale est de 31 noeuds tandis que si le navire est exploité sur base des chaudières auxiliaires au mazout uniquement, la vitesse tombe à 14 noeuds.

A titre d’anecdote signalons que les réacteurs du type KN-3 ont été développés par l’OKBM Afrikantov de Nizhny Novgorod et que ces derniers auraient également du équiper le porte-avions Ulyanovsk qui fut ferraillé en 1992.

Le compartiment des réacteurs nucléaire est blindé avec une ceinture de 76 mm d’épaisseur qui le protège en cas d’attaque du navire.

Armements embarqués

La principale différence entre le navire du type Izd. 1144 et les navires du type Izd. 1144.2 réside dans les armements et les capteurs embarqués. Vu la période de temps séparant la sortie du premier navire de celui du dernier navire, la technique et les systèmes existants ont évolués. Les ingénieurs soviétiques ont donc suivi les évolutions technologiques en essayant d’avoir les navires les plus à la pointe de la technologie.

Avant de passer en revue les différents armements embarqués, voici une illustration des systèmes embarqués à bord du Piotr Velikiy… Comme on peut le constater, la tâche est complexe et elle explique le côté « long » de la description qui va suivre.

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Le moins que l’on puisse dire c’est que le travail ne manque pas…Illustration@Charly015

  1. Armements mer-mer

Le premier système abordé et l’armement principal mer-mer des navires de la Classe Kirov (Izd. 1144 et 1144.2) est le missile P-700 Granit (Гранит) (Code OTAN SS-N-19). Ce missile massif est monté dans 20 silos « inclinés » du type SM-233 installés dans la plage avant du navire sous le pont.

Le P-700 (alias 3M45) est un missile massif d’une longueur de 10 m, d’un diamètre de 0,85 m et d’une masse de 7 tonnes! Inutile de préciser qu’il ne peut pas être emporté par n’importe quel bâtiment.

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Le P-700 Granit est loin d’être un missile petit et discret! Photo@?

Mis au point par НПО машиностроения dans le courant des années 70; ce missile, entré en service en mars 1983, a pour but d’assurer la destruction des navires de surfaces, il s’agit en réalité de la réponse (qui est du type asymétrique) apportée par les Soviétiques aux déploiements des groupes aéronavals  américains. Il vient en remplacement des missiles P-70 Аметист et P-120 Малахит.

Le deuxième armement anti-navire est le système URPK-5 Rastrub (Nom de code OTAN: SS-N-14 Silex) qui fut monté sur le Kirov. Ce système est capable de tirer un missile anti-navires et anti sous-marins du type 85R. Le Kirov disposait d’une rampe de lancement double du type MS-82 implantée dans la plage avant du navire, le navire disposant de 10 missiles dans son emport pour alimenter le système.

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Cette vue de l’avant du Kirov permet de voir encadré en jaune le lanceur double MS-82 du SS-N-14, en bleu les 12 lanceurs pour S-300F, en vert les 20 silos pour P-700, en mauve les 4 AK-630 avant et en rouge deux lanceurs Osa-M. Montage@charly015

Les autres navires de la classe Kirov verront le lanceur double SS-N-14 être remplacé par un système plus moderne; le RPK-6 Vodopad-NK (SS-N-16 en classification OTAN), ce dernier comporte des torpilles ou des missiles guidés avec tête classique ou nucléaire pouvant être tirés par un des 10 tubes lance-torpilles PTA-53-1144 URTPU de 533 mm de diamètre  (650 mm sur le Piotr Velikiy). Les tubes font feu via des ouvertures rectangulaires pratiquées dans les flancs de la coque.

Le troisième armement anti-navires et plus spécifiquement anti sous-marins est le système Udav-1 (RBU-12000). Ce dernier consiste en un lanceur KT-153 à 10 tubes de 300 mm de diamètre capable de tirer en salve ou à l’unité des roquettes du type 111SG/SZ/SO. Le système fonctionne avec le sonar du navire et ce dernier ne se retrouve que sur  le Kalinin et le Piotr Velikiy.

Le quatrième armement anti-navires est le système RBU-6000 Smerch-2, ce dernier est un lanceur de roquettes disposant de 12 tubes d’un diamètre de 213 mm approvisionné à raison de 72 roquettes RGB-60.  Le système dispose de son propre radar de tir Burya et il peut tirer des salves de 1, 2, 4, 8 ou 12 roquettes. Le rechargement se fait via le système 60UP qui charge les roquettes dans le lanceur au départ d’un magasin implanté en soute.

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Un RBU-6000 Smerch-2. Photo@Wikipedia.com

Le système Smerch-2 est implanté à raison d’une unité et ce uniquement sur le Kirov et le Frunze; les autres navires de la classe n’ont pas reçu ce système.

Le cinquième armement anti-navires est le lanceur de roquettes RBU-1000 Smerch-3 implanté à l’arrière du navire de chaque côté de la coque. Ce lanceur dont les 6 tubes ont un diamètre de 300 mm est capable de lancer des roquettes RGB-10 d’une portée variant de 100 à 1.000 m et pouvant être lancées à l’unité ou en salve. Les roquettes sont employées contre les sous-marins et les torpilles approchant le navire. Chaque navire de la classe Kirov emporte deux Smerch-3, dispose d’une dotation de 72 RGB-10 et ce système est commandé par le système de tir Burya.

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Un lanceur RBU-1000. Photo@?

Les Kirov emportent également de l’artillerie; cette dernière ayant pour mission d’assurer la destruction des navires ou des avions lents qui tenteraient de s’approcher du navire. L’emploi du canon permettant d’économiser un coûteux missile pour ces types d’objectifs secondaires.

Le Kirov dispose de deux canons AK-100 monotube de 100 mm à refroidissement par eau installés dans la plage arrière du navire. Ces canons disposent d’une capacité d’engagement de 21 Km pour les cibles de surface et de 8 Km pour les cibles aériennes; la capacité de tir étant de 80 obus par minute.

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Deux tourelles AK-100. Photo@Wikipedia.com

Les autres navires de la classe Kirov voient les deux canons AK-100 être remplacées par un nouveau canon double AK-130. Ce dernier, capable d’effectuer une rotation complète, dispose d’une capacité d’engagement maximale de 23 Km pour les cibles de surface; la capacité de tir étant de 70 obus par minute, les navires emportant 440 obus. Les obus emportés peuvent être de trois types: F-44 (obus explosif), ZS-44 (obus anti-avions) et ZS-44R (obus anti-avions avec fusée différente).

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Une tourelle AK-130. Photo@wikipédia.com

2. Armements mer-air

On l’a vu auparavant, les navires de la classe Kirov ont pour mission de créer une bulle anti-aérienne autour d’eux et des navires accompagnés. Pour ce faire ils disposent de trois systèmes embarqués;

Le premier système anti-aérien embarqué, et le plus important, est le système S-300F Fort aussi connu sous le nom de code OTAN: SA-N-6 Grumble. Sous ce nom de code se cache en fait la variante navalisée du célèbre système anti-aérien à moyenne et longue portée S-300.

Les Kirov (Izd.1144) disposent d’un système S-300F consistant en 12 lanceurs rotatifs B203A pouvant emporter 96 missiles 5V55RM d’une portée maximale de 90 Km et pouvant atteindre la vitesse de Mach 4.  Les 12 lanceurs emportant chacun 8 missiles sont implantés verticalement sous le pont, en plage avant du navire et à côté des missiles P-700 Granit.

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Lanceur B203A. Photo@Reddit.com

Le Piotr Velikiy (Izd. 1144.2) dispose de deux systèmes: le S-300F et le S-300FM Fort-M qui sont composés de 12 lanceurs B203A disposant de 48 missiles 5V55RM (S-300F) et de 48 missiles 48N6 (S-300FM). Le système S-300FM Fort-M (code OTAN: SA-N-20) emporte le missile 48N6 qui dispose d’une portée maximale de 150 Km, peut atteindre une vitesse de Mach 5 et emporte une charge offensive d’environ 150 Kg.

Deuxième système anti-aérien embarqué, le système 4K33 Osa-M (code OTAN: SA-N-4 Gecko) implanté sur les trois premiers navires. Ce système de défense anti-aérienne à courte portée consiste en deux lanceurs ZIF-122 rétractables pouvant tirer des missiles 9M33M à raison d’une dotation de 40 missiles embarqués. Les missiles 9M33M ont une capacité d’engagement jusqu’à 10 Km et peuvent atteindre des cibles entre 25 et 5.000 m.

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Gros plan sur un système 4K33 Osa-M. Photo@?

Le système Osa-M est une variante du système terrestre 9K33 Osa. Cependant, le système souffrait de plusieurs défauts; faible cadence de tir, incapacité à attaquer des cibles subsoniques volant très bas (5-10 m d’altitude), temps de réaction du système trop lent.

Par conséquent, ce système sera complété puis supplanté sur les navires suivants par un système beaucoup plus performant: le 3K95 (ou ZS-95) Kinzhal (Code OTAN: SA-N-9 Gauntlet) qui est la variante maritime du système 9K330 Tor.

Composé de lanceurs rotatifs installés verticalement sous le pont du navire, chaque lanceur – à froid – peut embarquer 8 missiles 9M330-2: ces derniers peuvent être tirés en salve ou à l’unité. Les missiles disposent d’un temps de réponse allant de 8 à 24 secondes et jusqu’à 4 cibles peuvent être ciblées en même temps. Le Frunze dispose de 8 implantations de 3K95 Kinzhal (64 missiles) tandis que le Kalinin et le Piotr Velikiy disposent de 16 implantations (128 missiles).

3. Armements à courte portée

Pour assurer la protection rapprochée du navire notamment face aux missiles approchant au ras des flots, le Kirov disposait de 8 tourelles AK-630M. Les tourelles étaient réparties par groupes de deux latéralement à l’avant et à l’arrière du navire.

Le système AK-630M est composé d’une tourelle qui pèse 9,11 tonnes et qui dispose d’un canon AO-18K à 6 tubes de 30 mm offrant une cadence de tir de 5.000 obus/minute et approvisionné à raison de 2.000 obus. La portée effective du système est estimée à 4 Km et le canon peut s’élever de -12° à +88°. Le système dispose de son propre radar et système de tir ce qui lui permet de fonctionner de manière entièrement automatisée.

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Tourelle AK-630. Photo@Wikipedia.com

Le Frunze disposait initialement de 8 tourelles AK-630M sauf que les quatre tourelles montées en arrière du navire ont été remplacées par des lanceurs verticaux du système 3K95 Kinzhal. Le navire présentait donc un armement « hybride » avec une partie d’AK-630M et une autre partie de Kinzhal en remplacement.

Les deux derniers navires de la classe Kirov, le Kalinin et le Piotr Velikiy ne disposent plus de tourelles AK-630M, ces dernières étant remplacées par le système de protection rapprochée (Close-In Weapon System) 3M87 Kashtan.

Ce dernier est un système hybride comportant sur un même support deux canons AO-18K à 6 tubes de 30 mm (même canons que ceux employés par l’AK-630) complétés par deux rampes quadruples de lancement pour missiles 9M311.

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Système Kashtan avec les deux canons de 30 mm et les deux rampes quadruples. On voit également l’intégration du radar au sein de la tourelle. Photo@Pinterest

Le système Kashtan est produit par Tulamashzavod et le développement du système débute à la fin des années 70 avant une entrée en service en 1989. Le système est conçu pour assurer l’interception à très courte distance des cibles aériennes approchant à basse altitude ainsi que des cibles maritimes de petite taille.

Le Kalinin et le Piotr Velikiy sont les deux seuls navires de cette classe à disposer de ce système. Le Kalinin disposant encore du système Osa-M tandis que le Piotr Velikiy n’en dispose plus; les systèmes sont répartis sur l’ensemble du navire en vue de maximiser la capacité d’interception de ces derniers.

Et enfin, les quatre navires de la classe Kirov disposent du système MRG-1 Ogonyok. Il s’agit d’un lanceur de grenades composé de 7 tubes de 55 mm pouvant s’élever de -30° à +45° et disposant d’une portée maximale de 500 m. Ce système qui peut tirer en salve ou à l’unité est employé pour éliminer les menaces hyper rapprochées telles que des plongeurs. Les navires de la classe Kirov emportent deux MRG-1.

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Un lanceur MRG-1 Ogonyok. Photo@kchf.ru

Au vu de la quantité impressionnante d’armements embarqués, de dénominations multiples et de variantes en fonction des navires concernés; voici un tableau récapitulatif des armements embarqués sur les navires de la classe Kirov.

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L’ensemble des armements sont gérés par le système de combat tactique Alleya-2M sur le Kirov et par le système Lesoroub-44 sur le Frunze, Kalinin et Piotr Velikiy. Malheureusement, aucunes informations supplémentaires sur ces systèmes ne sont disponibles.

Enfin, pour ceux qui préfèrent les descriptifs aux tableaux; voici un schéma qui permet de mieux appréhender les différents armements embarqués et leur portée effective.

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Illustration résumant bien les armements employés et leur portée effective. @weapons.uodz.ru

Senseurs et capteurs

Qui dit vaste panoplie d’armements dit vaste assortiment de radars, capteurs et senseurs en vue de déployer cet arsenal de la manière la plus efficace possible.

Les Kirov en tant que navires massifs se retrouvent parsemés de radar à la fois sur et sous la coque : les plus visibles étant ceux implantés en haut du mât principal adjacent aux cheminées du navire.

Si il est complexe de faire le tour complet des systèmes vu les modifications apportées d’un navire à l’autre : nous allons passer en revue de manière systématique les systèmes embarqués et leurs fonctions.

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Ce schéma permet de voir l’emplacement des principaux équipements du Piotr Velikiy avec notamment la « forêt » de radars embarqués.

Le système de radar principal est le MR-800, composé d’un radar MR-600 Voshkod qui est un radar tridimensionnel de recherche aérienne et de surface travaillant en bande C et F et à une fréquence de 850 MHz implanté au sommet du mât principal du navire. Le système est réputé pouvoir détecter les plus grosses cibles jusqu’à 500 Km.

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Radar MR-600 Voshkod. Photo@twower.livejournal.com

Le deuxième radar composant ce système est le MR-710M Fregat-M, ce dernier est un radar tridimensionnel de recherche aérienne disposant d’une large antenne cylindrique implanté sur un mât en arrière du mât principal. Une évolution de ce radar est le MR-750 Fregat-M2 disposant d’une antenne principale plus petite et plate, bien que toujours implantée au même endroit.

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Radar MR-750 Fregat-M2. Photo@Wikipedia

Le Kirov et le Frunze sortirent du chantier naval équipé du MR-710M Fregat-M  tandis que le Kalinin et le Piotr Velikiy furent équipés du MR-750  Fregat-M2.

Présent sur le Kalinin et le Piotr Velikiy uniquement, on retrouve également le radar MR-320 Topaz-M qui est employé pour la recherche et le suivi des cibles aériennes et de surface.

Pour la navigation, trois radars MR-212 Vaygach sont employés. Ces derniers sont des radars travaillant en bande I d’une puissance de 9,4 GHz, d’une portée maximale de 46,3 Km et d’une portée minimale de 0,4 Km. Le Kirov dispose de radars MR-212 Vaygach tandis que le Frunze, le Kalinin et le Piotr Velikiy disposent d’une variante plus moderne: le MR-212/201 Vaygach-U.

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L’antenne d’un radar MR-212 Vaygach. Photo@forums.airbase.ru

En plus de leur fonction de suivi et de détection, les radars Vaygach permettent également de situer le navire par rapport aux côtes et autres points dangereux pouvant impacter la navigation.

Les missiles P-700 Granit nécessitent deux radars Korall-BN ainsi que le système MRSTS Uspekh pour pouvoir fonctionner. Ces deux radars sont implantés sous un dôme de part et d’autre du mât principal.

Le Kirov, vu la présence du système SS-N-14 pouvant tirer des torpilles 85R disposait de deux radars de conduite de tir « Eye Bowl » implantés à l’avant du navire près de la passerelle de commandement.

Pour pouvoir employer les missiles du système S-300F, deux radars 3R41 Volna (« Top Dome ») sont embarqués et font partie de la conduite de tir. Ces radars implantés de chaque côté du navire et balayant la plage avant et la plage arrière disposent d’une portée de détection maximale de 100 Km et sont montés dans des carénages semi-sphériques caractéristiques.

Le système est capable de suivre et d’engager 6 cibles simultanément de plus, le système peut gérer des salves de deux missiles par cibles engagées soit un total maximum de 12 missiles simultanément.

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Radar 3R41 Volna de conduite de tir du système S-300F. Photo@Wikipedia.ru

Le Piotr Velikiy étant doté en plus du système S-300FM, il dispose d’un autre radar: le 3R48 qui est implanté en partie avant au-dessus de la passerelle en remplacement du radar 3R41 implanté là sur les autres navires. Le 3R48 est un radar à antenne plate du type PESA (Passive Electronically Scanned Array) qui ne se trouve qu’à un seul exemplaire sur le Piotr Velikiy puisque le système 3R41 des S-300F est toujours présent.

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On voit bien la grande antenne plate et inclinée du radar 3R48. Photo@Wikipedia.com

Le système 4K33 Osa-M dispose quant à lui de deux radars de conduite de tir connus sous le nom de MPZ-301 Baza. Il s’agit en fait de pas moins de trois antennes montés sur un même support. Il y a une antenne monté en haut du radar qui balaie en bande C et dont le but est de faire acquisition des cibles jusqu’à une distance de 42 Km. La deuxième antenne – et la principale – qui travaille en bande I assure le suivi des cibles jusqu’à une distance de 24 Km. Et enfin la troisième antenne détecte les lancements de missiles SAM et fonctionne jusqu’à une distance de 16 Km.

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Radar MPZ-301 Baza. Photo@?

Le système est capable de diriger simultanément deux missiles.

Ce sont les deux radars de conduite de tir MR-360 Podkat qui assurent le suivi et l’acquisition des cibles pour le système 3K95 Kinzhal. Ce radar est assez complexe dans son fonctionnement car composé d’une antenne principale fonctionnant en bande G et assurant l’acquisition des cibles jusqu’à 45 Km) et d’une petite antenne supplémentaire fonctionnant en bande H assurant le suivi des cibles jusqu’à 15 Km.  Le système est capable d’assurer le suivi de quatre cibles et dispose d’un temps de réaction variant de 8 à 24 secondes. On les retrouve sur tous les navires de la classe Kirov sauf le Kirov.

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Radar MR-360 Podkat du système Kindzhal. Photo@Wikipedia.com

En ce qui concerne l’artillerie embarquée, nous avons vu que le Kirov disposait de deux tourelles AK-100 ces dernières étant dirigées par une conduite de tir comprenant le radar MR-145. Les autres navires disposant d’une seule tourelle double AK-130 disposent d’une conduite de tir comprenant un radar MR-184.

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Diagramme des composants nécessaires pour la tourelle AK-130. Photo@Rosoboronexport

C’est le radar de conduite de tir MR-123 Vympel qui est chargé d’assurer la détection, le suivi et la désignation des cibles pour le système de défense rapprochée AK630M. Il n’y a qu’un seul radar de ce type sur le Kirov, Frunze et Kalinin. Le Piotr Velikiy n’ayant jamais eu ce type d’armements, il n’a donc pas reçu ce radar.

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Radar MR-123 Vympel pour système AK-630M. Photo@Wikipedia.com

A l’inverse, le Kalinin et le Piotr Velikiy disposent des systèmes Kashtan qui viennent en supplément (Kalinin) et en remplacement (Piotr Velikiy) des AK-630M. Le système de guidage lié s’appelle Pozitiv. Il consiste en deux radars: le 1RL-144 qui travaille en bande E à une portée maximale de 20 Km et qui s’occupe de l’acquisition des cibles. Et le radar 1RL-144M qui travaille en bande J à une portée maximale de 18 Km et qui s’occupe du suivi des cibles. Le tout est groupé au sein de chaque tourelle Kashtan.

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Système Kashtan avec radars intégrés. Photo@pvo.guns.ru

Pour la lutte anti sous-marine, les navires de la classe Kirov disposent d’un système de combat dénommé Polinom. Ce système est composé de trois éléments: un sonar actif de coque implanté dans un bulbe sous-marin implanté sous l’étrave des navires, le MG-342 Orione,  un deuxième sonar implanté en-dessous de la partie avant du navire, et d’un sonar actif remorqué, le MG-335 Platina.

Guerre électronique et leurres

Si il y a bien un domaine dans lequel les informations relatives à ces navires sont lacunaires et contradictoires, c’est au niveau de la guerre électronique et des leurres à disposition.

Le Kirov dispose de 4 systèmes de contre-mesures électroniques MP-150 Gourzouf-A et 4 systèmes MP-150 Gourzouf-B, ces systèmes travaillant en bande L, S, C et X sont abrités sous un dôme qui protège plusieurs antennes orientables et un émetteur de bruit orientable pour mieux cibler la menace identifiée. En outre, le Kirov disposait également du système MP-152 Ograda.

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Les 4 boules que l’on voit alignées font partie du système Gourzouf, bien que ceci ne soit pas sur un Kirov. Photo@Krasnayazvezda

Tous les navires de la classe Kirov embarquent le système MRP-3 Koltso, ce dernier étant un système de guerre électronique ayant pour mission d’intercepter des communications radio ennemies. Ce système est complété sur le Kirov par le MP-401S Start-S de détection des émissions radar.

Les autres navires de la classe Kirov embarquent le système de guerre électronique MP-503 Kantata-M complété par le système MP-407 Start-2 de détection des émissions radar qui assure également le rôle de guidage pour le système PK-2M.

Le système PK-2M est un lance-leurres double basé sur un lanceur ZIF 121-02 et approvisionné à raison de 200 leurres. Le Kirov dispose de deux PK-2M tandis que les autres navires en sont dotés de quatre.

En plus, le Kirov dispose de 16 lanceurs de leurres à courte portée du type PK-10 tandis que les autres navires de cette classe ne disposent que de 10 lanceurs PK-10.

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Deux lanceurs de leurres PK-10. Photo@Rosoboronexport.com

Et histoire d’être complet, signalons la présence du système de transmission Taïfoune-2 ainsi que d’un récepteur satellitaire Tsounami-BM sur le Kirov.

Les autres navires de la classe Kirov disposent d’un système de transmission Taïfoune-2 et de deux récepteurs satellitaires Kristall-BK.

Appareils embarqués

Les Kirov sont également capables d’embarquer deux hélicoptères Kamov Ka-27, ces derniers ayant pour mission d’assurer le sauvetage en mer ainsi que la traque à courte et moyenne portée des sous-marins s’approchant du navire. Ces missions variant en fonction de la variante de Ka-27 embarquée (Ka-27PL ou Ka-27PS).

Les hélicoptères disposent d’une piste d’atterrissage située à l’arrière du navire, leur stockage s’effectuant dans un hangar implanté sous le pont et accessible par un ascenseur. Signalons qu’en lieu et place des deux Ka-27, les Kirov pouvaient emporter trois Ka-25.

Equipage

Qui dit navire de taille importante dit également équipage important, les Kirov et Frunze pouvaient embarquer 97 officiers et 630 sous-officiers et marins tandis que les Kalinin et Piotr Velikiy ont un équipage légèrement plus important avec 101 officiers et 643 sous-officiers et marins.

Bien entendu, il s’agit ici d’estimations et ces nombres sont toujours susceptibles de varier légèrement.

Programme de modernisation des Kirov

Nous l’avons vu à plusieurs reprises ci-dessus, au moins deux navires de la Classe Kirov connaissent et/ou connaîtront une modernisation destinée à les rendre pertinents et crédibles pour les décennies à venir.

Couplée à une révision générale du navire et à un remplacement des réacteurs nucléaires; cette modernisation s’apparente à une quasi reconstruction des navires ou tout du moins de l’intérieur de ceux-ci.

Ce programme de modernisation va faire évoluer de manière fondamentale les capacités des Kirov. Ils passeront du stade de plate-forme de défense anti-aérienne et anti-maritime au stade de plate-forme polyvalente capable d’engager des cibles dans les air, sur mer et sur terre. A cette occasion, les navires reçoivent une nouvelle désignation: Izd.11442M.

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En rouge et en jaune: les systèmes « externes » qui seront modifiés et/ou impactés par la modernisation! Photo@Charly015

Il faut cependant préciser que le contenu de la modernisation évolue au fur et à mesure de l’avancement des travaux, ceci étant lié au fait que quasiment chaque navire de la classe Kirov dispose d’équipements différents par rapport à ses frères jumeaux suite à l’évolution des techniques au fil de leur construction.

Plusieurs systèmes électroniques et de combat seront remplacés par des systèmes modernes, puisque tous les systèmes ne sont pas encore clairement connus; nous ne passerons en revue que les plus importants.

Passons en revue les modifications apportées aux navires et commençons par le plus important: la propulsion du navire.

Nous l’avons vu auparavant, les Kirov disposent d’une propulsion du type CONAS (COmbined Nuclear And Steam) avec notamment de nouveaux réacteurs atomiques OK-650B-3 en remplacement des KN-3 installés initialement. Ces réacteurs à eau pressurisée sont des variantes de l’OK-650 développé durant les années 70 et équipant notamment les sous-marins Izd.955 Boreï.

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Cette capture d’écran d’une vidéo donne une légère (sic) idée de l’ampleur des travaux sur l’Admiral Nakhimov… Image@TVZvezda

Les deux radars principaux du navire composants le système MR-800 vont également passer par la case remplacement.

Le radar MR-600 Voshkod situé sur le mât principal est remplacé par le nouveau radar MR-650 Podberezovik ET-1 produit par Salyut. Ce radar comporte une antenne plate de grande dimension est prévu pour assurer la détection des cibles aériennes et de surface et il offre une plus grande résistance au brouillage que le système embarqué actuel.

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Antenne du radar Podberezovik ET-1. Photo@concern-agat.ru

D’un point de vue des performances, ce radar peut couvrir une zone de 500 Km et assurer la détection d’un avion à 300 Km et d’un missile à 55 Km. La distance de détection minimale est de 5 Km. L’antenne pèse 4,7 tonnes et elle sera implantée au-dessus du mât principal.

Le radar MR-710 Fregat va se voir remplacer par la variante la plus moderne du Fregat; le Fregat M2EM. Ce radar produit par Salyut est composé de deux antennes plates légèrement désaxées et il sert également à la détection des cibles aériennes et de surface. Ce radar est beaucoup plus résistant au brouillage et peut couvrir une zone de 300 Km; il est capable de détecter un avion à 230 Km et un missile à 50 Km, sa capacité de détection minimale est de 2 Km.

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Radar Fregat M2EM. Illustration@concern-agat.ru

Les informations obtenues par ces deux nouveaux radars seront transmises au nouveau système Poyma-E. Ce système de traitement des données radar est un système modulaire pouvant être composé de 2 à 9 consoles assurant à la fois le suivi des cibles aériennes et maritimes et capable de suivre 200 cibles simultanément. Le système Poyma-E assure l’engagement des cibles, leur suivi et donne les informations aux systèmes d’armes intégrés; il permet aux opérateurs de disposer d’une image tactique complète pour déterminer le système d’armes à employer.

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Consoles Poyma-E et image tactique fournie aux opérateurs du système. Photo@concern-agat.ru

Au niveau des radars de navigation, les trois radars MR-212 vont être remplacés par les radars MR-231 ainsi que les systèmes de navigation et d’information MR-232-3 liés.

Au niveau des armements, les 20 silos du type SM-233 contenant les missiles P-700 Granit sont enlevés et remplacés par 10 nouveaux silos « universels » du type UKSK 3S14 (УКСК 3С14) capables d’emporter chacun au choix 8 missiles 3M-55 Onyx, 3K-14 Kalibr ou 3M-22 Zircon.

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On voit bien sur cette photo l’enlèvement complet des silos SM233 pour P-700 Granit. Montage@Charly015

De part ce remplacement, les capacités du navire changent radicalement; il n’est plus limité à la seule lutte mer-mer mais peut également engager des cibles au sol. De plus, passer de 20 missiles P-700 à une capacité potentielle de 80 missiles de divers types aux performances bien supérieures aux P-700 démultiplie de manière conséquente les capacités du navire.

Le montage des silos universels s’accompagne également du système de rechargement en missiles, le SM-456-22350 ainsi que du système de tir lié: le UKSUR 3R-14H-11442M.

Autre système qui est remplacé: le S-300F. Comme indiqué auparavant, les navires de la classe Kirov disposent soit du système S-300F ou d’un mixte S-300F et S-300FM. Dans le cadre de la modernisation, les navires passent intégralement sur le système S-300FM avec pas moins de 96 missiles 48N6M disponibles. Par contre, rien n’est dit sur le devenir du radar 3R41 qui deviendra redondant avec la disparition du système S-300F.

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Cette modernisation s’apparente à une reconstruction intégrale du navire… Photo@TVZvezda

On voit également sur les photos de la modernisation de l’Admiral Nakhimov que le compartiment en plage avant du navire abritant les silos du système 3K95 Kinzhal est entièrement démonté; bien que le montage du nouveau système Poliment Redut employant le missile navalisé 9M96E soit régulièrement discuté: aucunes informations concrètes allant dans ce sens n’ont été vérifiées tant qu’à présent. Ce système est une variante adaptée pour le milieu marin du nouveau système S-350 de lutte anti-aérienne à moyenne portée développé pour compléter et prendre la relève des S-300PS et S300PT-1A.

L’Admiral Nakhimov dispose encore de 4 systèmes embarqués Osa-M, ces derniers ainsi que les systèmes Kashtan seront remplacés par la version modernisée: le 3M87-1F Kashtan-M. Comparativement au Kashtan, ce dernier dispose d’une portée maximale effective (des missiles) augmentée de 8 Km à 10 Km et d’une portée maximale augmentée de 4 à 5 Km (des canons).

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Les composants principaux du système Kashtan-M. Photo@navyrecognition

Le navire recevra en complément les systèmes 3P87-1F (module de combat) et 3P86 (module de contrôle) qui permettent de mettre en oeuvre et de contrôler les Kashtan-M. Bien évidemment, les radars et équipements liés au système Osa-M.

Un nouveau système de proximité prévu pour la lutte anti sous-marins et anti-torpilles va être installé: le Paket-NK. Le système est composé d’un sonar de désignation de cibles (Paket-AE), d’un système de contrôle (Paket-E) et d’un lanceur rotatif de torpilles placées en containers.

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La torpille stockée en container employée par le système Paket-NK. Infographie@thaimilitaryandasianregion

Le système peut fonctionner soit de manière automatique en étant intégré dans le système de défense du navire soit indépendamment. Le système, monté à raison de deux lanceurs quadruples remplacera les 10 tubes lance-torpilles de 533 mm.

L’ensemble du système de combat intégré sera le Lesorub-E qui prendra la succession du Lesorub-44; le système consiste en plusieurs consoles indépendantes (le système Poyma-E) travaillant en réseau et formant le système de combat intégré. Le système s’intègre dans le système de combat global russe qui met en réseau les différents équipements (mer/terre/air/espace) permettant de transmettre les cibles sans en être à portée.

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Type d’aménagement du système de combat intégré Lesorub-E. Photo@concern-agat.ru

Au niveau de la lutte anti sous-marine, plusieurs systèmes neufs apparaissent. Passons-les rapidement en revue;

Installation du système ISPN-M1 Minotaur, sonar actif/passif d’une portée maximale de 74 Km en remplacement du sonar Polinom.

De plus, le sonar MG-757.3 Anapa-ME est installé à bord. Ce dernier servant à assurer la lutte contre les hommes grenouilles et les petites unités sous-marine.

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Schéma des éléments constitutifs de l’Anapa-ME. Photo@Rosoboronexport

Il est évident que ce tour d’horizon de la modernisation n’est pas encore complet et qu’il y aura encore des choses à ajouter d’ici à ce que l’Admiral Nakhimov sorte des chantiers navals Sevmash. Ceci dit, il s’agit d’un tour d’horizon basé sur les informations disponibles confirmées tant qu’à présent.

La modernisation qui devait s’achever en 2020 est maintenant annoncée pour 2021-2022, la modification des demandes de la Marine ayant entraîné du retard dans les travaux à effectuer.

Vie opérationnelle de la Classe Kirov

Le moins que l’on puisse dire c’est que la vie des navires constituant cette classe a été pour le moins mouvementée.

Destinés à protéger les futurs porte-avions Soviétiques (et leur groupe) ainsi que pour assurer l’engagement des groupes aéronavals américains, les Kirov sont des géants qui même pour l’URSS étaient très onéreux à exploiter.

La disparition du Maréchal Ustinov et l’arrivée au pouvoir de M. Gorbatchev en 1985 vont avoir un impact profond sur la Marine Soviétique; bien que les programmes en cours étaient maintenus, le nouveau Secrétaire Général du PCUS savait parfaitement que l’économie Soviétique ne pouvait pas se permettre de conserver une telle flotte.

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Mikhaïl Gorbatchev, secrétaire général du PCUS. Photo@Figaro.fr

Les Kirov et leurs coûts d’exploitation importants seront des victimes toutes désignées pour les coupes budgétaires auxquels furent soumis les militaires Soviétiques. De plus, la montée en puissance rapide de la Marine Soviétique se fit au détriment de la formation du personnel et des capacités d’entretien.

Les navires connaissaient donc un vieillissement accéléré et une partie des systèmes embarqués n’étaient au mieux pas fonctionnels ou au pire pas installés…Il n’est donc pas étonnant de voir que les 3 Kirov (le Piotr Velikiy ne sera achevé que plus tard) n’étaient pas dans un état resplendissant lors de la chute de l’URSS.

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Manifestement l’arsenal du Piotr Velikiy n’impressionne guère cette mouette. Photo@Pinterest.com

La disparition rapide des portes-aéronefs en dotation au sein des VMF ainsi que la perte de la cible principale (les SNLE des USA) couplé aux coûts de fonctionnement important des navires dans le cadre budgétaire très restreint post-1991 font que les navires passèrent plus de temps à quai qu’en mer.

Certains navires furent même purement et simplement abandonnés à quai sans surveillance particulière avec leur combustible nucléaire toujours à bord…

Cependant, il est intéressant de voir que la Marine Soviétique n’a jamais abandonné définitivement les navires de la classe Kirov. Même si les coûts de fonctionnement étaient bien au-delà des moyens réels de la Marine, les Kirov ont toujours été considérés comme d’importants instruments politiques permettant d’affirmer la puissance de la Marine.

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L’Admiral Nakhimov avant son entrée en modernisation… Inutile de commenter l’état général du navire. Photo@?

Il est bien entendu évident que cette puissance n’était que supposée au vu de la réduction drastique de la flotte Russe post-1991 et dans le contexte budgétaire qui s’en est suivi.

Depuis la mise en service des Kirov et malgré leur histoire mouvementée, la Marine Soviétique et la Marine Russe ont toujours disposé de navire(s) de la classe Kirov actif(s). Il est d’ailleurs intéressant de voir que dès que les budgets militaires sont repartis à la hausse et que les déploiements militaires ont repris: le Piotr Velikiy a été un des premiers navires déployés et ce en vue de montrer la puissance de la Marine Russe.

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Le Piotr Velikiy en carénage dans le dock flottant PD-50. Photo@imgur.com

Faisant suite à sa mise à la mer en 1995, le Piotr Velikiy a participé à des exercices avant que ces essais ne soient interrompus le 27 octobre 1996 suite à l’explosion d’une turbine ayant entraîné la mort de 6 marins. Ceci n’arrêtera pas la Marine Russe qui remettra le navire en service rapidement avant de l’accepter définitivement au service le 18 avril 1998.

Suite à sa mise en service, le navire participera à des exercices en 1999, 2000, 2003 et 2004 avant de connaître son premier carénage. Bien que durant cette période de temps, l’Admiral Ushakov et l’Admiral Lazarev seront désactivés et stockés tandis que l’Admiral Nakhimov étaient en attente d’une décision sur son sort; le Kirov sera maintenu en activité et déployé dès que nécessaire.

En 2005, le Piotr Velikiy reçoit la visite de Vladimir Poutine. Son déploiement – hautement médiatisé – suivant a lieu en 2008 au Venezuela avec notamment un arrêt à Toulon où il fait forte impression. En 2010 le navire est déployé à Vladivostok dans le cadre de l’exercice Vostok 2010. Sur le chemin du retour, il fait un arrêt à Brest.

Le dernier déploiement en date du Piotr Velikiy en appui du porte-aéronefs Kuznetsov en Syrie est exemplatif de cette situation. Bien qu’un navire de la Classe Kirov joue principalement le rôle (pour lequel il a été prévu, rappelons-le) de protection du Kuznetsov: les médias occidentaux semblaient plus concentrés sur le Piotr Velikiy que sur le porte-aéronefs qui était le véritable but du déploiement.

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Le Piotr Velikiy. Photo@?

Enfin, la volonté – bien qu’hésitante par moment – de procéder à la modernisation d’au moins deux Kirov (le sort des deux autres navires est toujours incertain à l’heure de rédaction de ces lignes) donne un message assez clair par la Marine Russe. Même si le besoin en renouvellement de la flotte est énorme et que les performances des chantiers navals sont très en-deça des besoins: une partie de la capacité disponible est employée pour faire des navires des plate-formes modernes.

Il reste à voir quel sera l’emploi et l’efficacité réelle de ces derniers une fois leur modernisation achevée. Gageons que les Russes sauront comment employer les navires de la manière la plus pertinente possible, l’accompagnement du Kuznetsov restant une de leur mission principale même si les nouvelles capacités offertes par la modernisation permettront un emploi beaucoup plus vaste des navires.

En conclusion

La modernisation des Kirov implique le passage d’un navire résolument orienté mer-air et mer-mer à un navire beaucoup plus polyvalent, apte à assurer un spectre de frappes beaucoup plus large tout en disposant d’une panoplie d’armements sans commune mesure avec les systèmes antérieurs.

Le remplacement des P-700 Granit par des silos universels pouvant embarquer au choix des missiles Kalibr, Onyx ou Zircon vont permettre de disposer d’un navire offrant une souplesse d’emploi inégalée. Le remplacement des S-300F subsistants par des S-300FM va également rendre la bulle anti-aérienne beaucoup plus efficace et difficile à pénétrer que celle disponible actuellement.

Après, il est évident qu’énumérer une liste d’armements avec leurs caractéristiques n’a guère d’intérêt si on ne prend pas en ligne de compte ; la doctrine d’emploi du navire ainsi que la qualité des capteurs employés pour déployer lesdits armements.

Il ressort que la Russie ne dispose plus (pour le moment) de la capacité de produire des grands navires. Entre le problème d’approvisionnement en turbines navales, l’absence de chantiers navals capables de produire des navires de grands tonnages ainsi que le retard pris dans la simplification des structures (ô combien complexes) de production (avec tous les travers que ça entraîne) ; la Russie doit passer par un lent et douloureux complexe de remise en question associé à un investissement massif dans son système de production.

La modernisation des Kirov, si elle peut paraître anecdotique à l’aube des navires plus compacts et donc moins coûteux à exploiter, doit se voir sous deux angles ;

  1. Permettre de conserver et de réacquérir un certain savoir-faire naval.
  2. Conserver certaines capacités opérationnelles en attendant de produire des bâtiments similaires (dans les missions) à terme

L’intégration des différents systèmes embarqués à bord des Kirov nécessitera du temps mais le savoir-faire acquis dans ce cadre ainsi que l’argent investi dans les installations durant cette modernisation permettront aux Russes de réapprendre à faire de grands navires modernes capables de répondre aux enjeux auxquels les VMF seront confrontés dans les années à venir.

Et puis, il reste le côté dissuasif d’un tel navire. Voir un navire de 230 mètres et 24.000 tonnes longer les côtes d’un pays aux envies belliqueuses doit pouvoir calmer – de par sa simple présence et l’arsenal embarqué – les esprits les plus téméraires. Bien que ça paraisse léger comme conclusion, parfois « la taille ça compte »…

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